Entrelaçant les époques et les destins, le roman nous entraîne sur les traces de ces femmes, bergères ou vagabondes, qui disparaissent sans témoin. Il se déploie par-dessus les vallées pour nous ramener au désert de Platé, puisque c’est là que cette histoire commence, au milieu des fleurs d’altitude, où rôdent les chiens, les souvenirs et les fantômes.
Laurence Potte-Bonneville, Fossiles
En librairie le 8 janvier
1985. À quinze ans, le narrateur travaille dans une librairie du Touquet. Il doit cet emploi à François, un ami de la famille. Si les journées sont consacrées aux livres, les soirées et les nuits sont celles d’un adolescent avec ses désirs d’amour et d’amitié. Ce sont aussi les premières vacances pour explorer la danse, la liberté des corps dans les dunes et les discussions jusqu’à l’aube. Une vie en quatre mois, dilatée dans l’écriture de l’intime et de l’introspection.
Julien Viteau, Chiens
PREMIER ROMAN, en librairie le 8 janvier
Une mère nous parle de ses deux filles, qu’elle voit amples comme des villes en expansion. La première est déjà là quand le récit commence, la seconde naîtra bientôt, après la perte d’un autre enfant lors d’une fausse couche. Ici, la temporalité de la maternité domine : celle de grossesses compliquées, d’hôpitaux et de services des urgences, la temporalité d’un corps qui produit, parfois sans qu’on le veuille, la temporalité de la naissance, celle des soins, ou des désirs trop souvent empêchés.
Hélène Laurain, Tambora
En librairie le 28 août
« Longtemps l’arabe s’allie pour moi à l’amer. Je l’ai rejeté de tout mon corps et il me revient par vagues. Je ne l’ai jamais vraiment perdu et j’ai du mal à penser qu’on puisse perdre une langue. Je vis dans la langue de mes parents comme elle vit en moi. »
Nassera Tamer, Allô la Place
PREMIER ROMAN en librairie le 21 août
À la fois plaidoyer pour l’abstraction, récit d’une vie de peintre éternellement en exil, découverte émerveillée de la puissance de l’art, ce texte autobiographique est écrit dans une prose étincelante, qui fait appel aux sensations et aux impressions les plus primitives.
Wassily Kandinsky, Les marches
Traduit du russe par Catherine Perrel. En librairie le 2 octobre
Sarah Kofman a inscrit la parole de l’enfant témoin survivant dans la généalogie de la philosophie.
Les deux essais ici réunis – Paroles suffoquées et Comment s’en sortir ? – en montrent le coût vital et la volonté de sortir la vie et l’espèce humaine des décombres de l’humanisme, sans y renoncer.
Sarah Kofman, Paroles suffoquées, suivi de Comment s’en sortir ?
En librairie le 16 octobre
Tous publiés au début de 1897, à Vienne, les quatre textes rassemblés ici sont les pièces d’une vive polémique sur le sens et la visée du sionisme.
Ils condensent les questions et des réponses – à l’heure de l’affaire Dreyfus et des pogroms, au cœur de l’Europe alors en proie à la montée des nationalismes – quant à la nécessité d’œuvrer pour ou contre l’établissement d’un « État des Juifs », tel que préconisé par Herzl dans son célèbre ouvrage, qui venait alors de paraître.
Moritz Güdemann, Theodor Herzl, Benjamin Rippner, Max Nordau, D’une nation juive, ou non. Controverse, Vienne, 1897
Traduit de l’allemand et présenté par Johannes Honigmann. En librairie le 6 novembre
Huit chapitres, soit l’introduction de Maïmonide à son commentaire du traité Avot – huit textes très synthétiques qui tiennent lieu d’un véritable traité d’éthique.
Moïse Maïmonide, Huit chapitres
Traduit de l’arabe et annoté par Jules Wolff. Édition revue et mise à jour par René Lévy, augmentée du texte original et d’une notice sur Jules Wolff. En librairie le 6 novembre
Étudiant la préparation, la scénographie, le filmage et la mise en récit de ce procès qui fut qualifié d’historique avant même d’avoir commencé, Sylvie Lindeperg examine le fonctionnement d’une justice antiterroriste placée au carrefour de la justice ordinaire, de la justice spécialisée et de la justice d’exception.
Une réflexion de circonstance sur la justice et sur ses impensés.
Sylvie Lindeperg, Archéologie d’un procès. Juger les attentats du 13 novembre 2015
En librairie le 2 octobre
Ces quatre nouveaux récits de Maxime Ossipov reposent sur la vérité la plus raide, la plus absolue. Ils sont nourris de son expérience de médecin en Russie, de ses rencontres avec les malades, des récits des autres soignants, de ses amitiés, et reflètent les maux de ce pays dont il a dû s’exiler : antisémitisme, guerre, pauvreté.
Maxime Ossipov, Luxemburg
Traduit du russe par Paul Lequesne. En librairie le 11 septembre
En 1925, Albert Londres décrivait le quotidien des « asiles d’aliénés », cent ans plus tard le paysage a bien changé. La psychiatrie est devenue authentiquement thérapeutique, mais aujourd’hui, après la période faste et créative de la seconde moitié du siècle dernier, elle se replie sur une logique sécuritaire et une désolante vision toute biomédicale – et nombre de malades sont désormais abandonnés. Un tel scandale n’a pourtant rien d’inéluctable.
Emmanuel Venet, Retour chez les fous
En librairie le 4 septembre
Ces « schizogrammes » évoquent ici une tranche de vie, là un destin, ailleurs la folie douce de l’institution psychiatrique. Autant de fictions vraies qui opposent à la construction médiatique du « schizophrène dangereux » des figures de malades vulnérables, saugrenus, poétiques.
Emmanuel Venet, Schizogrammes et autres textes
En librairie le 4 septembre
À la fin de sa vie, sur l’invitation du roi de France, un maître italien, peintre et architecte, quitte son pays. Au terme de son long voyage, jusqu’à la Loire où il aura sa demeure, on lui donne une servante. La relation de leur rencontre est le cœur du roman – jusqu’à son point d’orgue : la demande.
Michèle Desbordes, La demande
En librairie le 4 septembre
L’autrice a quatre ans lorsque son père, le peintre Félix de Récondo, lui raconte l’exil d’Espagne en 1936 ; il avait quatre ans lui aussi, et fuyait avec sa mère et ses frères la guerre civile et les franquistes.
Habitée par les terribles images de Goya et celles de son père qui y font écho, par la mémoire de l’exil, Léonor de Récondo relie l’art à l’histoire.
Léonor de Récondo, Goya de père en fille
En librairie le 21 août
Actualités
Nous avons la tristesse d’apprendre la mort de Francis Marmande, survenue le 25 décembre.
Écrivain et critique, mais aussi musicien, passionné de jazz et de tauromachie, autant que de littérature, il est l’auteur de trois livres dans la collection « Faenas », dirigée par Jean-Michel Mariou : Rocío, À partir du lapin et Curro, Romero, y Curro Romero.
Tambora d’Hélène Laurain et Archéologie d’un procès de Sylvie Lindeperg figurent dans la sélection des meilleurs livres de l’année 2025 du Monde des livres.
Pour Tambora, Hélène Laurain est lauréate de la mention spéciale du jury du prix Wepler La Fondation La Poste et du prix de la Page 111.
Tambora figure, en outre, dans la sélection du prix littéraire du Deuxième Roman.
Le livre a été dans la première sélection du prix Goncourt, et a été finaliste du prix Blù Jean-Marc Roberts et du prix Alain Spiess du deuxième roman.
Allô la Place de Nassera Tamer figure dans la sélection finale du prix Première de la RTBF et dans celle du prix Multitude.
Allô la Place a été finaliste du prix du Premier Roman et du prix Les Inrockuptibles du premier roman.
Yoko Tawada reçoit le prix Nelly-Sachs 2025 pour l’ensemble de son œuvre. Cérémonie de remise du prix le 14 décembre à l’hôtel de ville de Dortmund.
(Depuis 1961, ce prix de littérature est décerné tous les deux ans par la ville de Dortmund.)
Le prix de l’Essai de l’Académie française 2025 est attribué à Christophe Pradeau, pour Sur les lieux.