cinéma aux étoiles



11 h
15 h
17 h

La course de taureaux (Noir et Blanc, 1967)
de Pierre Braumberger

Est-ce que l’histoire ou les replis d’un mystère peuvent permettre de mieux l’entendre ? C’est le propos de tout ce qui entreprend d’expliquer, de raconter la tauromachie. C’est au fond celui de ce film impeccable, dont la direction technique fut assurée par un grand aficionado français, Auguste Lafront, et le texte soigneusement écrit par Michel Leiris. Très didactique, toujours précis et clair, ce documentaire, devenu classique parmi les classiques, vaut surtout pour les extraordinaires images d’archives qu’il permet de découvrir. De la corrida que donna Guerrita en 1895 dans les arènes d’Arles (!) à la faena de Manolete à Madrid cinquante ans plus tard, en passant par les toros de Veragüa à Barcelone, combattus le 9 juin 1912 par Bombita, Rafael El Gallo, Machaquito et le père de Manolete (!), c’est à un formidable voyage dans la tauromachie de ce siècle que nous convie ce film, conçu comme une présentation de la tauromachie à l’intention de ceux qui ne la connaissent pas. Capéas de village, encierro de Pampelune, Don Tancredo de fortune ou principales vedettes (on voit toréer ni plus ni moins que Conchita Cintrón, Alvaro Domecq, Carlos Arruza, Julio Aparicio, Litri, Manolo Gonzales, Pepe Luis Vásquez, Domingo Ortega, Martial Lalanda, Luis Miguel Dominguín, Manolete…), resquilleurs de Las Ventas, tienta de machos, toréo de salon, sorteo ou débarquement des toros, on peut connaître tout ça et prendre un réel plaisir à ces images naïves et belles, et sentir à travers elles comment, au bout du compte, " une mesure humaine s’est imposée à la sauvagerie de la bête ".

Michel Leiris, vers 1960

 

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