Pierre Reverdy


Tous les côtés du monde…


Portrait par Juan Gris, 1918.

 

 

 

 

par Gil Jouanard

La place occupée par Pierre Reverdy dans le champ de la poésie française est des plus singulières. Instigateur involontaire d’une véritable révolution interne, il est l’objet d’une vénération, ou du moins d’un respect et d’une déférence, qui ne s’est jamais traduite en densité de lectorat. Les surréalistes en firent l’un de leurs " inspirateurs " ; il tourna le dos à ce statut ainsi qu’aux mondanités qui s’y attachaient. La légende en fait une sorte d’ermite de Solesmes ; il était purement, caractériellement, Languedocien. Il passe pour difficile à lire : nul n’a plus que lui fait acte de transparence.
Sa particularité, sa trouvaille, qui le rend " incompréhensible ", c’est justement de s’être appliqué à livrer le réel dans sa véracité et dans sa plénitude, en montrant comme il le fait, et simultanément, les facettes diverses, le cas échéant opposées, voire contradictoires, d’un objet, d’un lieu, d’un instant.

 

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