à Cavanac


  

par Dominique Blanc

" Lui, au moins, il n’a tué personne ! Au fond, on l’a poursuivi mais il n’a rien fait de grave ! " Si vous évoquez l’Antougnou devant des habitants de Cavanac, la localité dont le brigand ainsi surnommé était originaire, c’est là ce qu’à coup sûr on finira par vous rétorquer. Le souvenir de ce personnage, disparu depuis un siècle et demi, n’a jamais été aussi vivant dans la mémoire des habitants actuels du " vieux village ". Et pourtant, s’il n’était aussi présent dans les récits transmis de génération en génération, que nous resterait-il de son histoire ? Les archives judiciaires retraceraient pour l’historien le piètre destin d’un homme, un petit propriétaire, confronté aux malheurs d’une terne existence. Des parents querelleurs qui se déchirent puis se séparent, une mère à l’esprit dérangé, internée sur ordre de l’autorité municipale, s’installant avec son fils devenu adulte dans une sourde violence. Pierre Sourgnes, c’est son nom, échappe un temps à l’étouffante atmosphère familiale : on le retrouve conscrit à Ferrals des Corbières. Deux ans plus tard, roulier à Béziers, il est condamné à deux ans d’emprisonnement pour coups et blessures, après qu’un procès-verbal a été dressé contre lui, par le maire de son village natal, pour mauvais traitements envers sa mère.

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