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Pierre Autin-Grenier
Je bichonne mes géraniums. À la tombée du soir,
je bassine le tilleul, quil profite au maximum de la fraîcheur
toute relative de nos nuits dété. Midi est dune
barbarie qui brûle tout par ici ; minuit, guère plus amène,
offre parfois le bref répit dune manière de courant
dair. Cest un tourment quotidien et quasi permanent dans cette
encoignure de province où ne poussent que des cailloux et crève
tout le reste que sacharner à faire fleurir un bégonia
ou vouloir conserver un peu de son éclat au feuillage du tilleul.
Je my emploie cependant avec beaucoup dabnégation et
même un certain sens de lapostolat horticole. Ne voyez dans
cet aveu nulle prétention de ma part ; ce serait là, jen
ai parfaite conscience, surajouter à linutile de mon existence
sottise et ridicule.
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