À Jean-Paul Ollivier (Le Borgne),
en toute confraternité.
" Je ne vous parlerais sans doute pas de la même façon
en France, mais ici tout me pousse à vous affirmer que je suis le
seul grand matador français, plus grand que Pierre Schull : ¡Yo
so uno ! ¡Y so unico ! "
Voici les mots, tout emplis dune fort montrable arrogance, sinon
dun énorme respect pour la langue espagnole, que prononce Gabriel
Fouquet, le héros dUn singe en hiver, au soir dune
cuite à tendance tapageuse. Et cest indiscutable : pour qui
se rêve torero, il y a de moindres ambitions, dans la vie, que de
prétendre se hisser à la hauteur de Pierre Schull.
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Bon, mais, à propos, qui est-ce, Pierre Schull ? qui est ce type
au nom de bandage herniaire quAntoine Blondin donne comme le modèle
des perfections tauromachiques nationales ?
Pour en arriver à lui, il faut remonter assez loin, jusque bien
avant les temps ouverts par Alain Montcouquiol et Simon Casas, quand le
mouvement des toreros français nétait même pas
une vague poussée, à peine une réaction-réflexe
qui, parfois, entraînait quelque énergumène du cru à
se jeter dans larène, le corps boudiné dans un costume
un peu brillant, histoire dy défier les taureaux selon la mode
dEspagne. |