les trois crimes de Saint-Hilaire


 

 

par Dominique Blanc

Sur une route de campagne, un jardinier découvre, à l’aube, une longue tache de sang. Elle le conduit à la rivière où une main dressée émerge de l’eau encore froide de mars. On y découvrira le cadavre du notaire de Saint-Hilaire, et non loin, épars sur les berges, les instruments de son office : des plumes, un encrier et du papier timbré. L’étude du notaire a été pillée et saccagée.

Qui peut avoir ainsi mortellement malmené un notable, si ce n’est un " forain ", un étranger. Pour en administrer la preuve tout en lavant la communauté du soupçon, le maire, tout-puissant en ces temps de République au village – nous approchons de 1880 – réunit l’ensemble de ses administrés afin de scruter sur leurs corps la trace d’une violence, le stigmate d’un combat. Tous s’y prêtent de bonne grâce.

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