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Les trois crimes de Saint-Hilaire
Un notaire attiré hors de chez lui, assommé
près dun oratoire et jeté, sans vie, dans la rivière.
Un jeune immigré aragonais poignardé et abandonné dans
une gerbe en flammes au milieu du champ que tant de fois il a moissonné.
Linnocence bafouée peut faire trembler de colère la
voix des chanteurs de complainte. À Saint-Hilaire, à quarante
ans de distance, il y eut " deux crimes horribles ", comme disaient
les feuilles volantes distribuées autrefois au pied de léchafaud
où " Justice était faite ".
Deux crimes seulement, si lon oublie que trois ouvriers agricoles,
parce quils nétaient pas du pays, parce quils étaient
pauvres et silencieux, ont croupi des semaines au fond dune prison,
accusés du meurtre du notaire. Deux crimes seulement, si lon
oublie, dans la deuxième affaire, quau nom du peuple, on a
guillotiné un homme qui na cessé de clamer son innocence.
Nous sommes tous des assassins ! sest écrié André
Cayatte quand il a voulu rendre compte au cinéma de " lhorrible
crime " de la peine de mort que lui a révélé
cette affaire. Le troisième crime de Saint-Hilaire.
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En couverture : Lithographie coloriée du xixe siècle,
extraite de la série " Victor ou lenfant de la forêt ",
illustrant une attaque de bandits de grand chemin. |
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