Joë Bousquet


Deux lettres de Joë Bousquet

En juillet 1945, les éditions du Seuil publient mon Histoire du Surréalisme. J’en fais le service à Joë Bousquet, dont j’avais lu Traduit du silence, paru en 1941, et qui donnait des articles critiques aux Cahiers du Sud de Jean Ballard. Bousquet n’écrivit pas sur mon livre, mais je reçus, des Cahiers du Sud, la proposition de leur donner un état présent du Surréalisme. D’après la lettre, qui suit, de Bousquet, j’écrivis cet article et l’envoyai. Je ne me souviens plus s’il a paru et je n’ai pas la collection de la revue sous la main. Toujours est-il que je reçus, de Joë Bousquet, une lettre datée : " Carcassonne, le 8 septembre 46 ". En tête, à droite : " Joë Bousquet / 53, rue de Verdun ".

Cher camarade,
Vous serez surpris de recevoir – sous un autre pli, une lettre de moi écrite il y a deux mois (1).
Écrite dans un élan d’amitié, au moment où je venais de lire et d’admirer votre livre, elle a été interrompue par la peur de vous ennuyer, de vous encombrer avec ma sympathie.
Voilà que j’apprends, par une lettre de mon éditeur que vous avez très intelligemment parlé de moi dans Combat (2). La même lettre ajoute que vous m’attribuez une méthode particulière d’exploration.

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