par Robert Deleuse |
" Le texte qui défilait sur lécran semblait
faire suite à celui mettant en scène Philomena. Lhomme
qui se faisait appeler Francisco Ruiz tira sur lembout de sa Craven
A. Depuis quelques instants, il observait, impassible, le disque rouge du
couchant marbrer dombres géométriques le ventre de la
colline. Ce tableau précaire lui rappelait certains soirs dété,
à Tipasa, quand la montagne est noire de soleil. Du coup, son enfance
abandonna les limbes de sa mémoire pour émerger, comme neuve,
au présent de sa vie. La brûlure de la cigarette, qui sétait
consumée entre ses doigts, le ramena vivement à la réalité.
Il avait dîné tôt (filet de sole, pommes à
langlaise) à la terrasse de lauberge que lui avait signalée
cette Philomena lorsquelle lavait appelé au nom du commandant
Malik. Elle lui avait demandé de sy arrêter pour se restaurer,
en attendant la tombée de la nuit. Il pourrait alors la rejoindre
à Lagrasse (une maison derrière la place de la Bouquerie)
et elle le conduirait au chevet du commandant qui était blessé
et dans lincapacité de se mouvoir.
Sur le moment, il navait rien compris à cette histoire.
Pourquoi ne lavait-on pas contacté par la voie habituelle ?
Par qui le commandant avait-il été blessé ? Une semaine
auparavant, il était parti enquêter sur la disparition de cinq
camarades qui sétaient |