Numéro 27



à l'affiche :
rue de Verdun
Histoire d'un livre
Bousquet Nadeau, la rencontre ?
Lagrasse: La journée du sida
La caméra aux champs :
Le crime de monsieur Lange
Louis-René des Forêts de Michel Dumoulin

Rebondir :
Cagnat
Brèves
L'aude des lettres :
Deux lettres de Joë Bousquet
Le tableau noir
 

Crimes et vertus en Corbières :
Les géants et les saints
Cadavres exquis :
L'énigme des morts sans corps
Un été des étals :
Le loup
Garrigue :
L'amandier
Inédits :
L'enfance de l'art
La route des vins :
De Carcasonne aux Châteaux du Pays Cathare
Pratique :
Renseignements pratiques


 

 Bousquet torero

On l’aura compris à l’issue des deux premières journées du Banquet du Livre consacrées à la tauromachie : tout est affaire de distance. Celle que l’on choisit, dans l’arène, entre le taureau et soi. Trop loin, le taureau ne chargera pas. Trop près, il vous fera mordre la poussière. On l’aura certainement entendu : la vie vous pose les mêmes questions que le taureau. La distance exacte pour en réduire et surmonter les énigmes en dira la justification. Le reste, c’est le style, qui fait les toreros.
L’écrivain Joë Bousquet, le corps brisé par la guerre, passa sa vie prisonnier d’un lit. Pourtant, c’est paradoxalement un de ceux qui trouva, en sa génération, la plus singulière distance avec la matière première de son existence : la langue, la littérature, la pensée. Lui, si immobile, ne cessa de trouver la distance exacte, en un point qu’il inventa, à mi-distance entre la poésie et la philosophie, pour faire surgir des interrogations uniques. Le reste, c’est le style, qui fait les écrivains.

" Quelques hommes sans tache ont le privilège de nous imposer leur influence quand leur personne n’est plus. " Joë Bousquet, D’une autre vie, Rougerie, 1970.

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