Si le cirque des nomades entraîne ainsi notre imagination, cest
quil réalise les rêves contradictoires du voyage et de
lautarcie. Mais il réveille par la même occasion une
pensée douloureuse, logée en nous comme une vieille écharde
: le monde qui se suffit à lui-même continuera de tourner sans
nous.
Cest dailleurs sans nous quon roule sur elle-même
la grande toile démontée dans la nuit, comme une vague du
déluge emportant larche avec elle, pour la déposer le
lendemain dans une autre ville.
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À la fin du siècle dernier, pendant que Mallarmé
improvisait à voix haute devant sa cheminée de la rue de Rome,
et que Proust avant de senfermer dans sa chambre tapissée de
liège avec les figurants vieillis du Temps retrouvé fréquentait
encore les salons pour observer de plus près ses modèles,
le baron Molier réunissait une fois par an, dans une aile de son
hôtel particulier transformée en manège, des hercules
amateurs et des artistes mondains.
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