Un amour couleur de thé |
Une poésie daffirmation où chaque parole est invention
de la vie en même temps quavènement du langage, hautement
symbolique dun monde où la vérité ne soppose
lerreur sous aucune forme. Poésie où chaque mot est
tout un drame, si lourd de sens quil nentrerait pas dans une
phrase sans la détruire.
Lautre poésie accepte lanalytique du langage. Cest
une poésie que lhomme apprend à lire et qui parcourt
le monde en touriste, assujettie au temps. Cette dernière implique
que sans lhomme, la poésie ne serait pas et lautre que,
sans lhomme, le monde serait poésie, cest-à-dire
naissance de lhomme.
Lexigence de rimer est féconde. Si jen suis sûr,
cest la preuve que le langage vit de ma vie, se transforme avec elle
et quil finira bien, comme un printemps ressuscité, par ramener
des ressemblances formelles à la lisière dune inspiration
inchangée, approfondie tout au plus. Jespère, en transportant
lentement des terres au même endroit, que je ferai gravir une pente
au gazon [
Jai poussé si loin le culte de la contrainte que je la
crée à lintérieur du vers, au moyen de rimes
invisibles. Je forge lunité plastique et extérieure
du poème, je létire, on dirait que jouvre le passage
à quelque chose dirréversible, le souffle de vie,
évidemment.
Et tout cela nest quun mécanisme, un moyen
de couper lherbe sous le pied à limitation. Car
tout art est, à lorigine, imitation, il faut quil
soit création.
De la création on se rapproche en imitant, de la vie, ce qui
y est création, invention ; le hasard objectif : mais, comme R. Rous.(1),
il faut aller plus loin, trouver, non un mécanisme dinvention,
mais un mécanisme anti-imitationel [
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