
Ce devait être un stage vidéo organisé durant le
Banquet du Livre 1996. Une dizaine de stagiaires venus de la région
et de plus loin. Un réalisateur. Un écrivain. Une équipe
de tournage. De quoi réaliser un film dans le temps du Banquet.
Puis la philosophie sen est mêlée. Avec brusquement
cette question venant taquiner les gens dimages : et si on essayait
de filmer la philosophie ? Non pas (seulement) des philosophes, mais cela
même dont il est question dans lacte de philosopher.
Trois philosophes présents au Banquet Christian Jambet,
Benny Lévy, Jean-Claude Milner acceptèrent après
discussions (sinon tractations) de faire face en image à la question
de limage. |
Interview de Benny Lévy
par latelier de philosophie
août 1996.
Le principe du travail se voulait simple et rigoureux. Le matin, les
stagiaires reconstituaient une sorte de " classe " et interrogeaient
lun des philosophes (il y eut aussi des séances où ils
se contentèrent découter la lecture de textes philosophiques).
Laprès-midi, le groupe essayait de trouver des images. Il ne
sagissait pas dillustrer les propos entendus mais de filmer
des lieux, des situations, dans lesquels ces propos pouvaient trouver écho
ou mise en cause. Le soir, le film était écrit, monté
et montré au café de la Promenade. Il y eut ainsi six épisodes
dune quinzaine de minutes chacun, présentés sous le
titre paradoxal de Ceci nest pas de la philosophie. En cours
dannée, un film en fut tiré, Le regard de la chauve-souris.
La brève durée de ce film navait permis dutiliser
quune faible part des propos tenus par les philosophes. Or, lintérêt
de ce quils avaient dit devant la caméra était évident.
Il parut dommage de ne pas les rendre publics. Cest pour pallier ce
manque que nous les publions aujourdhui et demain dans Corbières
Matin. Preuve que la fabrication dimages peut aussi contribuer
à faire naître des paroles philosophiques ?
> Michel Séonnet
Le regard de la chauve-souris, film de Stéphane Gatti
et Michel Séonnet, sera projeté à labbaye, aujourdhui
à 11 heures et à 15 heures.
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