Numéro 29



à l'affiche :
Un buffet qui a du coffre
Ouverture des ateliers de philosophie
Nicolas Philibert au petit cloître

Deux journées pour la philosophie
La caméra aux champs :
Le regard de la chauve-souris
Le Rendez-vous de juilletDumoulin
George Bataille

Rebondir :
Cagnat
Brèves
Interview de Jean-Claude Milner
Un livre avec spectres
L'aude des lettres :
Tu peux faire tomber ma tête, Fouquier ..
 

Crimes et vertus en Corbières
La philosophie à dos de mulet
Cadavres exquis :
L'énigme des morts sans corps
Un été des étals :
Les fruits rouges
Garrigue :
La truffe
Inédits :
Les Onze, troisième chapitre
La route des vins :
De Lézignan-Corbières à la Méditerranée par Lagrasse
Pratique :
Renseignements pratiques


 

Couple ou dénouement ?

Crimes et vertus ne font pas couple dans la tradition philosophique, celle-ci préférant nouer vertus et vices, crime et châtiment. Il y a là une première question. Car le couplage, s’il n’est pas reçu dans la tradition philosophique, fonctionne dans nos pensées.
A cause sans doute d’un événement intrinsèquement moderne : la Révolution française. C’est à la Révolution et par elle que le nouage s’est accompli. Le crime peut-il être parfois la conséquence de la vertu, sinon même son moyen ? Ou la vertu quand elle entraîne le crime est-elle seulement mal entendue ?
Au champ de l’histoire et de la politique la question insiste. S’y articulent bien des désenchantements, bien des reniements. Sont-ils inévitables ?
Au champ de la société la question n’insiste pas moins, lourde d’indignations immédiates, de demandes féroces, de châtiments et de vengeances rapides. Peut-on faire plus et mieux que d’invoquer faiblement le droit et les preuves ?
Pour nous modernes, la philosophie est ici convoquée à elle-même, par elle-même, qui a depuis si longtemps réfléchi sur le nom de vertu, et par son Autre, qui lui impose les crimes énigmatiques et multiples. Est-elle en état de répondre sans adultération ? Les philosophes l’affirment. Animés peut-être d’un respect tout aussi vif pour la philosophie, d’autres en doutent.

En couverture : Judith et Holopherne
de Artemisia Gentileschi, vers 1612.

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