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Couple ou dénouement ?
Crimes et vertus ne font pas couple dans la tradition philosophique,
celle-ci préférant nouer vertus et vices, crime et châtiment.
Il y a là une première question. Car le couplage, sil
nest pas reçu dans la tradition philosophique, fonctionne dans
nos pensées.
A cause sans doute dun événement intrinsèquement
moderne : la Révolution française. Cest à la
Révolution et par elle que le nouage sest accompli. Le crime
peut-il être parfois la conséquence de la vertu, sinon même
son moyen ? Ou la vertu quand elle entraîne le crime est-elle seulement
mal entendue ?
Au champ de lhistoire et de la politique la question insiste. Sy
articulent bien des désenchantements, bien des reniements. Sont-ils
inévitables ?
Au champ de la société la question ninsiste pas moins,
lourde dindignations immédiates, de demandes féroces,
de châtiments et de vengeances rapides. Peut-on faire plus et mieux
que dinvoquer faiblement le droit et les preuves ?
Pour nous modernes, la philosophie est ici convoquée à
elle-même, par elle-même, qui a depuis si longtemps réfléchi
sur le nom de vertu, et par son Autre, qui lui impose les crimes énigmatiques
et multiples. Est-elle en état de répondre sans adultération
? Les philosophes laffirment. Animés peut-être dun
respect tout aussi vif pour la philosophie, dautres en doutent.
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En couverture : Judith et Holopherne
de Artemisia Gentileschi, vers 1612. |
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