Quest-ce que la truffe ?
La truffe, comme tous les champignons, nest que le fruit dune
plante formée dun enchevêtrement de filaments souterrains
appelé mycélium. Une symbiose existe entre ce mycélium
et les racines dun arbre ou dun arbuste qui se manifeste par
des échanges réciproques. Le mycélium tire de la plante
associée des hydrates de carbone provenant de la photosynthèse,
tandis quelle produit des hormones et des antibiotiques pour la plante-hôte
et facilite labsorption de certaines substances, le phosphore notamment.
Les deux familles principales de la flore française qui sont mycorhizées
par la truffe sont : les fagacées (chênes entre autres) et
les salicacées (saules, peupliers). Le développement du mycélium
provoque la formation de brûlis à la surface du sol (zones
sans herbe).
La récolte de la truffe
Sur les truffières naturelles ou artificielles, elle doit se
faire avec des porcs ou des chiens dressés, en hiver. Le piochage
aveugle est à proscrire car il provoque de nombreux dégâts.
Une fois repéré lendroit à creuser, la prospection
se fait avec un outil, délicatement, pour récupérer
le champignon intact. La technique de la mouche permet également
de signaler les zones propices à une récolte. La mouche à
truffes (Helomyza tuberiperda) est un insecte dont les larves se
développent à lintérieur des truffes, ce qui
explique que les femelles déposent leurs ufs au-dessus de ces
champignons convoités.
La reine des truffes
La truffe noire (Tuber melanosporum ou Tuber nigrum), connue
mondialement sous lappellation de truffe du Périgord, est véritablement
lélue. De forme sphérique (de 3 à 6 cm de diamètre),
elle se compose dun épiderme noirâtre crevassé,
le péridium, entourant une partie charnue noir violacé
marbrée de blanc, dénommée la gléba.
Les graines appelées spores sont contenues dans un sac, lasque.
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La truffe du Périgord est lor noir de cette région.
Elle vit en symbiose avec les chênes bien sûr mais aussi les
hêtres, les châtaigniers, les noisetiers, les peupliers, etc.,
sur les terrains calcaires entre 100 et 1 000 mètres daltitude.
Cest lespèce la plus cultivée ; elle mûrit
de novembre à mars et la cueillette seffectue en hiver.
La cueillette des truffes dans les Corbières
Pas besoin daller dans le Périgord pour trouver de la truffe
noire, car elle poussait naturellement sur les racines des chênes
verts, autour de Lagrasse notamment. Les anciens savaient repérer
les " brûlis " et les " rabassiers ", ces
chercheurs " dor noir végétal ", accompagnés
de leurs chiens truffiers ou pratiquant la chasse à la mouche, faisaient
plus dun envieux à leur retour dexcursion. Il existe
dans les Corbières une association de défense de la truffe
qui encourage cette culture et réunit des passionnés de ce
champignon vénéré.
La trufficulture
La nature du sol doit être calcaire. Les sols peu profonds mais
bien aérés conviennent parfaitement à cette culture,
de préférence sur des coteaux ensoleillés. Un climat
méditerranéen, avec une pluviométrie de 600 à
900 mm par an, est favorable à la truffière naturelle ou artificielle.
Larbre hôte est sélectionné en fonction du
milieu où est implantée la truffière. Le chêne
est souvent le symbiote privilégié, puisquen France
il existe partout une espèce adaptée. La devise de Talon :
" Si vous voulez obtenir des truffes, semez des glands " insiste
sur la relation intime existant entre larbre et le champignon. Les
plants mycorhizés sont plantés à une densité
moyenne de 400 arbres à lhectare.
> par Patrick Valette, technicien forestierde lOffice National
des Forêts.
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