Cathares


La philosophie
à dos de mulet

par Dominique Blanc

Vers l’an 1300, l’évêque de Pamiers entend en son tribunal de l’Inquisition, le témoignage de la paysanne Sybille Pierre sur les notaires Pierre et Guillaume Authié :
" Ils avaient des femmes et des enfants ; ils étaient riches ; un jour, Pierre, en sa maison, lisait un certain passage dans un livre. Il dit à son frère Guillaume, qui se trouvait présent, de lire à son tour le même passage.
Un moment s’écoula ainsi. Puis Pierre demanda à Guillaume :
— Que t’en semble, mon frère ?
Et Guillaume répondit :
— Il me semble que nous avons perdu nos âmes.
Et Pierre conclut :
— Allons-nous-en, frère ; partons chercher le salut de nos âmes.
Ils se défirent donc de tous leurs biens, et ils s’en allèrent en Lombardie, où ils se firent bons chrétiens : là ils reçurent le pouvoir de sauver les âmes des autres ; puis ils revinrent ."
" Se faire bon chrétien ", c’est épouser la foi cathare. Si l’on ne saura jamais quel livre lisaient les frères Authié, on sait qu’ils sont revenus prêcher dans les Pyrénées aujourd’hui audoises et ariégeoises, mais aussi dans l’ouest des Corbières. Dans le livre qu’Emmanuel Le Roy Ladurie à consacré à Montaillou, village occitan, à partir des registres d’Inquisition de l’évêque Fournier, les témoignages directs et indirects abondent sur l’activité des parfaits et des simples croyants cathares, essentiellement dans les villages d’Arques, Cubières et Coustaussa.

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