brèves


Lire la philosophie

 Il pleuvait fort hier. Le petit cloître était donc inutilisable. Marc Betton, Laurent Manzoni et leurs auditeurs trouvèrent abri dans la salle du cycle vidéo. L’auditoire y gagna d’entendre les deux lecteurs à voix nues. Sous la voûte basse de l’ancienne cuisine des moines, le texte philosophique prenait tout son poids. Si l’année dernière en effet, la voix de Christiane Cohendy lisant Le Phèdre, permit à quelques uns de
" voir l’âme " de Platon prendre son essor au ciel libre du petit cloître, cette fois-ci Marc Betton lisant Les Lois fit voir un oiseau lourd se heurtant à un ciel bouché. C’est que ce Platon-ci est moins à l’aise que l’autre puisqu’il se confronte au réel du crime. On comprenait pourquoi Les Lois reste le texte le plus méconnu du

 philosophe. Marc Betton l’a ouvert et rendu tel qu’en lui-même : inquiétant.
Laurent Manzoni lut ensuite Marat, et en cerna la radicalité qui permet tous les renversements. Les deux lecteurs ensuite réussirent un exploit avec Kant à deux voix. C’était alors une méditation du philosophe allemand que l’on imagine toujours forcément vieux, mais qui, c’est sûr, ne lâche pas prise aussi aisément.
Sade enfin, et l’on savait dès le début qui du prêtre ou du mourant, de Laurent Manzoni ou de Marc Betton, se ferait culbuter le plus facilement.

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Librairie (suite)

Qu’est-ce qui fait que l’on vende ceci plutôt que cela ? Posons d’emblée que la librairie demeure un des succès majeurs du Banquet, et notons que les libraires n’en sont pas moins dubitatifs. Sur le sujet en effet, on ne peut tenir de thèse, tout au plus avancer des hypothèses. La littérature noire marchera vraisemblablement mieux à partir de vendredi, jour de la rencontre avec Didier Daeninckx et Jean Vautrin. De même les trois jours de philosophie qui s’annonçaient hier ont-ils fait frémir le rayon du même nom. Quoi qu’il en soit, les libraires sont à peu près sûrs que le lieu n’est pas indifférent au choix des achats. Il leur semble que le chaland considère très souvent la librairie comme une exposition. Comment s’étonner alors que l’on y fasse des découvertes ? De ce point de vue, les petites collections qui proposent des textes méconnus de grands auteurs oubliés remportent un succès certain, car on les voit ici mieux qu’ailleurs. De même le rayon enfant est-il aussi celui des trouvailles. Ces données très subjectives étant rassemblées, reste le fait : le chiffre d’affaire est excellent, en progression par rapport à l’année dernière.

> Ph. R.

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