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| Et je tombe sur la petite Caroline à quatre pattes à côté
de mon lit, complètement speedée, fouillant dans mon sac de
voyage ! ça, plus le coup du téléphone, ça commence
à bien faire. Elle ne ma pas entendue. La porte est bien huilée.
Deux solutions : lui foncer dessus et la fesser. Me retirer, ni vue ni connue. |
Jai bien failli ne pas la reconnaître. Elle traverse la rue
et sengouffre dans une 4L rouge garée au bout du parking. Sa
voiture dégage une épaisse fumée blanche. Tu ferais
bien de surveiller ton joint de culasse, ma cocotte. Je déboîte
discrètement. Grâce à ma perruque rousse de danseuse
du Crazy Horse, je suis méconnaissable. Et nous voilà parties. La conduite de Caroline est sportive et comme je ne peux pas la suivre de près, je manque plusieurs fois de me laisser distancer. La 4L au panache blanc fait deux ou trois cents mètres sur la route de Carcassonne et la quitte pour une vicinale sur la droite. À lopposé, on aperçoit la masse imposante de labbaye. Cest la route qui mène au camp Lamar. La vue est dégagée, je lui laisse prendre un peu de champ. Y aurait-il changement de programme ? Au bigo, elle a parlé dun rendez-vous chez elle. À moins quelle nhabite carrément chez les fondus ? Je suis très vite fixée. Cest une maison de pierre avec une tonnelle, au bout dun chemin sinueux bordé doliviers. Jai planqué la Mégane dans un chemin qui descend vers la rivière et jai fait le reste du chemin au petit trot. Mon petit sac à dos est ultra-léger. Il y a un bordel indescriptible dans la cour. Je comprends très vite de quoi il sagit : une bagnole démantibulée jusquaux essieux, avec toutes les pièces détachées dispersées dans un rayon de dix mètres. ça me fait penser à Depardieu dans je ne sais plus quel film avec Catherine Deneuve. Je me mets à laffût derrière une haie, je sors une paire de jumelles de mon sac à dos . Tout ça na pas lair daffecter Caroline. Je la trouve assise sur un banc en osier. À côté delle, un type en short et Marcel, vingt ans maximum, type maghrébin. Bon sang, ce nest tout de même pas un des agents ? Arrête de délirer, Stéphanie Tyller. Il ne traînerait pas sur un banc en pleine campagne ! Je commence à patauger salement. Caroline le serre dans ses bras . Il pousse de petits cris, il gémit. Je règle la mise au point. Jai limpression que le type pleure. Oui, cest ça. Caroline passe une main dans ses cheveux crépus, lembrasse sur le front, les joues, mais il la repousse assez violemment. Caroline, déséquilibrée, tombe par terre. Elle se relève et lui assène une gifle magistrale. Le type est collé au mur comme une crêpe. |
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