entretien


La Moindre

des Choses

Entretien avec Nicolas Philibert

Nicolas Philibert est venu samedi soir
à Lagrasse présenter son film
La Moindre des choses. Cent cinquante personnes ont assisté à la projection
et au débat qui suivit.

— Vous avez, depuis la sortie du film, participé à de nombreux débats et répondu à de nombreuses interviews. Alors que l’on sent votre volonté de chercher la richesse de la singularité d’une expérience – celle du tournage avec les soignants et les pensionnaires de La Borde –, qu’en est-il pour vous, dans le cas de La Moindre des choses, de la répétition à laquelle vous invite sans doute le système actuel d’accompagnement des films ?
— Pour ne pas être dans la répétition perpétuelle, j’essaie de coller au plus près aux questions des gens. À travers les débats, j’apprends, par exemple un tas de petites choses sur la situation de la psychiatrie en France : les gens vous racontent des histoires, beaucoup vous parlent d’eux à partir de ce film-là parce que la question de la santé mentale, de la folie, de l’étrangeté concerne tout le monde. Certains racontent aussi comment ils sont venus voir le film à reculons, avec deux préventions : l’une contre le sujet même du film, l’autre contre le cinéma documentaire. Et puis une barrière tombe. Les échanges ont été très beaux.
Une autre raison qui m’a poussé à faire autant de débats, c’est que je souhaitais soutenir les exploitants indépendants qui défendent les films comme les miens, ou même des spectateurs – car je me suis déplacé aussi à l’invitation d’association de spectateurs. On peut dire que c’est là une raison militante. Les exploitants et les cinéastes, aux deux bouts de la chaîne, se battent pour la même chose : la diversité du cinéma. En accompagnant le film, je ne suis pas dans une démarche de service après-vente. Ce qui compte, c’est la rencontre avec les gens, parce que cela nourrit aussi mes films. Par exemple, l’idée d’aller à La Borde

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