Raimon de Miraval


Le bien-dire courtois


par Jean-Yves Masson

Comment retrouver son visage et sentir sa présence ? Raimon de Miraval n’est plus qu’un nom au bas de quelques poèmes, et certes pas le plus connu parmi les troubadours. Même Folquet, chantre de l’amour courtois devenu évêque de Toulouse et terrible persécuteur des Albigeois, survit davantage, et plus sûrement pour les dix mille bûchers qu’il alluma que pour ses poèmes, aux côtés des monstres sacrés que Dante ou Pétrarque reconnurent comme des maîtres. Ils traversent en lent cortège solennel le Triomphe de l’amour, mais Raimon de Miraval ne figure pas parmi eux :

Premier venait le grand Arnaut Daniel,
maître d’amour dont les beaux vers étranges
font grand honneur au pays d’où il vient ;
puis ceux qu’Amour si aisément cueillit,
un Pierre et l’autre, un Arnaut moins fameux,
et ceux qu’Il dut gagner par plus de guerre :
ainsi Raimbaut, et l’autre Raimbaut qui

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