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brèves
Constat provisoire
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Car il y avait une thèse forte, sous forme de plainte, dans lacception quasi juridique du terme : selon Milner, la philosophie en refusant les noms propres entendons : ce qui ne se prête pas à la substitution synonymique, ce quaucun autre nom ne peut remplacer ne permet pas de rendre compte de la diversité du réel et risque, par ce jeu des substitutions, de servir la demande doblitération des sujets, et de jouer au fond une fonction consolatrice. Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixement, disait La Rochefoucauld ; Milner ajoute : ni le crime ; et si la philosophie accueille cette requête de lhumanité, elle console certes, mais ne permet pas de penser lhorreur. Ni de dénoncer, ni de combattre. Cette requête car il y a là, envers la philosophie, non seulement respect, mais plus encore intérêt et passion Guy Lardreau et Christian Jambet en ont, semble-t-il, accepté la légitimité, voire la pertinence. Mais cela, tout en affirmant quau fond cette plainte faisait partie, | structurellement, du système de la philosophie, quil
y avait des noms propres insubstituables dans la philosophie
: Périclès ou Thémistocle, chez Platon ; le principe,
chez Proclus ou Damascius ; la matière, nom propre de linnommable
; enfin, quaucun discours qui vaille nexplique tout et que,
partant, on ne saurait reprocher à la philosophie de ne pouvoir rendre
compte de lhorreur, car " lhorreur pure ne se pense pas
". À la remarque de Milner affirmant quil sagissait
là dune façon dexonérer la philosophie
de ce à quoi elle était convoquée, Lardreau répondit
quétait possible, et nécessaire, non une " philosophie
des camps ", mais une " philosophie de lépoque
des camps ".
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