C’est la nuit de l’orage fulgurant. Tout ce qui est court-circuit, quand un homme et une femme se touchent, quand les taboués se touchent, dit l’amour.

Trois contre-mondes se dégagent peu à peu de toutes les fictions que les femmes et les hommes ont inventées sur leur amour (sur l’amour excessif qui les menace, sur l’amour fou qui les capture) : la nuit, le silence, l’absence de songes.

L’amour passionnel est lié à une très ancienne et mystérieuse iconoclasmie.

Tous les rituels visuels décalent et jouent là où la nuit estompe, indistingue, fusionne, absorbe, engloutit ceux qui n’ont pas peur du noir intégral à sa source. Qui est leur source. L’amour entraîne dans la nuit (la grotte, la vulve, le crâne à l’arrière des yeux) où tout disparaît pour se résorber en effet de source.

Remonter à la nuit vivipare où ceux qui ont été formés au cours de la copulation, puis de la conception, puis de la gestation comme le saumon le fait en direction de la source où il a été frayé.
Je préfère le mot de frayère au mot de source.

Si je parle je touche encore le pourtour d’une couverture dont l’usage me fait honte.
L’usage du langage couvre de ridicule.

L’incompréhensible s’accroît. Tout sidère de plus en plus. Rien ne s’exprime vraiment à l’aide du langage. Plus on vieillit, rien ne s’éclaire. Chaque plante, chaque animal, chaque odeur, chaque lueur, chaque mot, chaque prénom, chaque printemps devient plus déroutant.

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