rencontres


16 h
18 h

Roger Martin,
dressing bull

Les gens sur lesquels on peut compter se comptent sur les doigts de la main, disait le manchot, et Roger Martin est de ceux-là. Admirateur de Jack London, (il organisa, un temps dans les Vosges, des courses de traîneaux) de Claude Tillier (dont il assura la republication des œuvres complètes chez Slatkine), de Chester Himes ou de Robert Finnegan qu’il fit découvrir à un cercle toujours trop restreint de lecteurs, il a également consacré trois années de sa vie à l’écriture d’une biographie de Georges Arnaud, l’auteur du Salaire de la peur. Cette courte liste des gens auxquels il s’intéresse fait sens. Ils ont en commun d’avoir mis tous les fers au feu : London, Tillier, Himes, Finnegan ou Arnaud ne se sont jamais ménagés. En ces temps sans principes où il est de bon ton d’oblitérer l’ignominie sous une avalanche de points de suspension, ils ont toujours voulu mettre en accord la vie et l’œuvre. Roger Martin a commencé par écrire une série romanesque sur le Ku Klux Klan en utilisant une partie de la documentation qu’il a rassemblée sur ces sectes d’encagoulés avec ses amis progressistes américains. Par la suite il a ressenti le besoin de publier une somme sur le sujet, K.K.K., Voyage en Amérique fasciste, et n’a pas hésité à faire du travail de terrain, à Atlanta, rencontrant un des principaux Dragons du Klan, imitant en cela l’un de ses mentors, le journaliste Kenneth Ryan qui infiltra le Klan, au début du siècle. Après une quinzaine d’années passées à enseigner le français entre Longwy et Villerupt, Roger Martin, orphelin révolté des hauts-fourneaux, s’est installé près de Carpentras, l’une des terres de mission des frontalement nationaux, où s‘insinuent les meurtrières idées d’hier. Il continue à écrire articles et dramatiques radiophoniques, nouvelles et romans.

Le dernier, Le GAL, l’égout, a été publié dans la collection " Le Poulpe ". Il sillonne les contreforts du Ventoux, de Pernes-les-Fontaines à Bedoin, de L’Isle-sur-la-Sorgue à Mormoiron, pour animer Le Sursaut, une association antifasciste qu’il a créée et qui compte près de cinq cents adhérents. Sa détermination lui vaut pas mal d’inimitiés, mais il a appris que l’indifférence est le poids mort de l’Histoire. Elle lui vaut un nombre plus considérable d’amis qui ont su reconnaître en lui un homme qui joue cœur sur table.

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