Les gendarmes admettent quon les plaisante, pas quon les ridiculise.
Ils sélèvent contre la grossièreté et
la méchanceté de Charles Trénet. "
Il ne faut pas exagérer : Charles Trénet est audois. On
le voit à son état civil, mais surtout au courage insensé
dont il a fait preuve pour célébrer Carcassonne par des vers
que les mirlitons de la Stasi auraient peut-être hésité
à pondre " Joyeuse Cité de Carcassonne
" écrit-il emporté par le devoir, et lon se demande
si lon peut pousser la licence poétique aussi loin, jusquà
trouver joyeux notre sinistre Médiévaland !
Il ne faut pas exagérer : surtout pas lamour que Trénet
porte à son pays dorigine. Sil sagit de célébrer
les paysages de lenfance ou les chromos moyens, tout va bien. Pourvu
que lon se soit échappé. À son maître et
ami Albert Bausil, infatigable agitateur, poète, journaliste et comédien
perpignanais, qui lui mit au cur ses premières folies, et qui
jouait Rostand au théâtre de Perpignan, il écrit : "
Cest la gloire, la totale réussite. Et cest aussi ton
point faible, Albert, cette gloriole de préfecture, jallais
écrire cette gloriette, puisquil sagit de LAiglon.
Depuis longtemps un aigle de plus denvergure te maintient dans ses
serres. Tu feins de ne pas le voir, de te moquer de lui, même de ne
pas y croire. Pourtant, tu sais quil existe et quil ne te lâchera
plus, ce rapace appelé Province ".
Il ne faut pas exagérer : Charles Trénet a une rue qui
porte son nom, à Narbonne... |
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