
| Au théâtre, ma chemise ne varie pas. Jouer cent fois la même pièce, ça mennuie. Lire ici, cest de loxygène. Je le fais une fois, bien ou pas jai la volonté de bien le faire , je renoue avec quelque chose de primaire, de primitif. On a beaucoup abusé du terme de " passeur ", mais cest comme ça que je me vis quand je lis, et plus le texte est compliqué, plus jaime lire. Je navais jamais lu Platon, pour de bonnes ou de mauvaises raisons peu importe. Là, tu prends Platon en charge et tu louvres. Il ny a rien que le texte entre lauditoire et moi, pas de costume, pas de maquillage, pas dapprêt. Lautre jour jai lu pour Marie-Claire Galpérine parce que je pensais que ça pouvait lui être une aide, ce nétait pas prévu, mon plaisir en a été augmenté, je voulais lui dire que je pouvais lire plus longtemps, si ça lui permettait de reprendre son souffle. Je suis une aide, une rame, un gouvernail. |
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