La chasse fait partie du loisir de prédilection des populations en zones rurales. Traditionnelle et ancestrale, elle participe en outre à la régularisation de la faune sauvage. Néanmoins, la chasse au gros gibier en particulier représente toujours un réel danger. La période de chasse dure habituellement de la fin août au début de janvier et les jours chassés sont les mercredis, samedis, dimanches et jours fériés. Dans les Corbières, les massifs où s’organisent des battues aux sangliers sont à proscrire de la balade dominicale, mais l’espace naturel est suffisamment vaste pour que chacun puisse s’y promener en toute quiétude.
Le milieu forestier comporte des périls plus ou moins dissimulés : des falaises, des crevasses et des avens notamment dans les formations karstiques (terrains calcaires). Il ne faut pas s’approcher non plus des habitations (bergeries, etc.) en ruine. Attention également de ne pas chuter dans des anciens puits ou dans des excavations (trous de mines, anciennes carrières, par exemple) non rebouchées ou partiellement comblées.
Les accidents dus aux animaux sauvages ou venimeux sont extrêmement rares. Pour mémoire, la dernière battue aux loups à Lagrasse remonte au 27 mai 1813, et cet animal qui hante les histoires de notre enfance a malheureusement disparu de nos contrées. Les charges de sanglier, lorsque l’animal est blessé ou traqué, émaillent cependant les récits de chasse. Quant aux animaux venimeux, deux espèces sont à signaler autour de Lagrasse : le scorpion jaune du Languedoc et la vipère aspic. Vous avez heureusement peu de chance de les rencontrer et encore moins d’être piqué. Faites attention toutefois aux guêpes, frelons, abeilles et autres hyménoptères qui provoquent des piqûres douloureuses, mais ces agressions ne sont pas propres à la forêt.
En forêt, il est possible de contracter également quelques maladies gravissimes bien que méconnues. Dans les Corbières, si la rage est encore absente, et si l’échinococcose (maladie parasitaire véhiculée par certains fruits des bois contaminés par les excréments de renard notamment) ne sévit pas non plus, il n’en est pas de même pour la maladie de Lyme. Propagée par les tiques, cette affection parasitaire est à prendre au sérieux par les professionnels de la forêt (bûcherons, forestiers, etc.), mais aussi par un public qui la fréquente assidûment.
Les plantes vénéneuses et toxiques sont légion. Le fruit du redoul (corroyère à feuilles de myrte commune en bord de chemin) est particulièrement délétère. Que ce soit fruit, tige, feuille ou racine, il faut se garder de sucer ou de manger, voire de manipuler, des plantes et autres végétaux inconnus. Dans le règne végétal, les champignons sont aussi à ramasser et surtout à déguster avec circonspection.

De plus, les ronces et autres espèces épineuses (salsepareille, genêt scorpion…) peuvent provoquer de simples égratignures bénignes, mais aussi entraîner des blessures plus ou moins graves. À noter que les pointes acérées des « épines noires » (appelées également prunelliers, épinettes ou pruniers épineux) sont parfois à l’origine d’infections malignes.
En outre, les manifestations allergiques ne sont pas à négliger dans les risques liés à la forêt (notamment celles dues au contact du pollen). Il faut se méfier également des chenilles processionnaires et de leurs nids qui libèrent des poils urticants.
Les incendies de forêt représentent un danger permanent dans la région. Il est préférable de rester sur les

voies bien matérialisées pour pouvoir effectuer une retraite salutaire en cas de feu.
Si se perdre en forêt n’occasionne pas d’ordinaire de conséquences dramatiques dans notre région, il faut toutefois éviter de s’aventurer en dehors des sentiers balisés sans carte ou dans des secteurs désolés sans une bonne connaissance du terrain.
Enfin, à VTT ou à cheval, une attention particulière est de rigueur quant à sa propre sécurité, mais aussi à l’égard des autres usagers de l’espace forestier (vitesse modérée, etc.).
En dernier lieu, les chiens accompagnant les piétons ne doivent pas divaguer en forêt ; tout d’abord pour le respect de la faune sauvage, mais aussi pour la quiétude des autres promeneurs et cavaliers.
Après ces quelques avertissements, partez parfaitement rassuré… et bonne balade !

— par Patrick Valette, technicien forestier
de l’Office National des Forêts.

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