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rue Notre-Dame-de-Lorette. Mais là, idéalement la boucle se boucle, on se tient dans le giron dun axiome autorisant, en termes pratiques, à penser que la rue Laferrière tourne encore pour rejoindre la rue Henri-Monnier, le petit triangle en porte à faux où elle se prête à toutes les suggestions des songes. Rue Crémieux |
considérant le beffroi devenu comme un sujet de pendule,
me demandant si je nappartiens pas au monde créé
par le démiurge des Pavillons-sous-Bois. Voilà
qui expliquerait pourquoi, depuis une demi-heure, je nai
pas cessé de tourner en rond, de reprendre le même
chemin qui me ramène devant les guichets où de
nouveau jhésite, avant de revenir me planter en
haut des escaliers. Encore plus adroit et puissant que je ne
limagine, le démiurge maurait équipé
dune sorte de conscience individuelle qui me ferait croire
à ma liberté. Tous ces flottements à propos
dun voyage que je dois absolument entreprendre, mais dont
je rediscute sans fin les conditions, la date, même lévidente
nécessité, ce ne serait donc quune façon
de donner un sens à la suite de mouvements automatiques
auxquels le système ma soumis. Quoi que je décide
(acheter un de ces journaux dont les titres me semblent presque
lisibles, un sandwich dont le jambon rose est scrupuleusement
imité), voici ce quau mieux je peux en conclure
: dans lensemble des évolutions souvent des plus
restreintes (comme celles de ce voyageur que jai vu monter
et redescendre sans relâche un marchepied), les miennes
bénéficient dune ampleur et dune complication
particulières, mais non moins prévues que celles
des autres acteurs. Ce projet de voyage qui me tarabuste relève
dune fiction que jinvente, à seule fin de
me cacher quun programme rigoureux magit. Sil
me laisse maventurer comme au hasard sur lesplanade,
cest pour me ramener bientôt près des guichets
et my obliger à un demi-tour dont je prends lexécution
laborieuse et mécanique pour un effet de ma perplexité. Il faut par conséquent que je veuille essayer de sortir de la maquette, et de nouveau je me dirige vers les escaliers. Si je réussis à les descendre, à traverser le boulevard Diderot, alors jéchapperai du même coup à lemprise de lhomme des Pavillons, à moins de supposer son garage dune taille assez considérable pour contenir, à cette échelle, toute une partie du xii e arrondissement. Jexclus cette hypothèse. Jatteins langle de la rue de Lyon. Je me retourne pour considérer la totalité de louvrage. Si je calcule bien, je ne mesure encore quun peu moins de quatre centimètres. Cest peu. Cest vraiment très peu pour un être ainsi jeté et manipulé sur une scène où, dabord à ses proportions, le décor est en voie de récupérer subrepticement des dimensions dites normales. Quest-ce qui me la fait percevoir ? La brusque apparition, au loin, de la colonne de la Bastille, avec son petit génie doré, auprès duquel je me suis senti |
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