rencontres



18 h

Le projet Saer

L’écrivain Juan José Saer sera cet après-midi au Banquet pour continuer d’interroger les récits du Quichotte.
Comment cet inventeur inlassable de nouveaux modes narratifs pourrait-il rester étranger au grand projet de Cervantès ?..

 

En 1986, dans un texte intitulé " Une concession pédagogique ", Juan José Saer résume ainsi sa biographie : " Je suis né à Serodino, province de Santa Fe [Argentine], le 28 juin 1937. Mes parents étaient immigrants syriens. Nous nous sommes transportés à Santa Fe en janvier 1949. En 1962, je suis allé vivre à la campagne, à Colastiné Norte, et en 1968, pour plusieurs raisons différentes, volontaires et involontaires, à Paris. Tels sont les faits les plus saillants de ma biographie.1 "
Dix ans plus tard, il n’y a rien à ajouter à cette brève notice. Auteur d’une vingtaine de livres, reçu comme l’un des grands écrivains contemporains, Juan José Saer poursuit une œuvre intempestive que d’aucuns ont comparée à celle de Claude Simon. Partisan d’une esthétique du soupçon – traducteur de Sarraute et de Robbe-Grillet dans sa jeunesse – Saer mène un projet littéraire délaissé en France avec la fin des avant-gardes. Son dernier livre, l’Enquête 2, souligne plus que jamais sa constante recherche de nouveaux modes de narrativité et la nécessité de la resituer ici dans son histoire.
C’est à Santa Fe que Juan José Saer commence à écrire dans les années soixante. Lieu excentrique face à une " vie littéraire " qui se déroule alors essentiellement à Buenos Aires, Santa Fe est une ville de province de la région du Littoral, au nord du Rio de la Plata. C’est un Paris-Texas au bord de la pampa, une bourgade dont le seul événement notable remonte à sa fondation problématique par Juan de Garay au XVI e siècle. Face à la résistance des Indiens, les Espagnols durent même s’y reprendre à deux fois…

Retour au Sommaire

Page Suivante