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Cervantès nous a prévenus
: " Malgré tout le soin que le traducteur y porte
et toute lhabileté quil y déploie,
jamais il ne pourra restituer la perfection de luvre
originale. " Cest dans la tension vers " la perfection
" du texte que se joue le travail du traducteur, partagé
entre la nécessité de lexactitude, de la
fidélité, et la subjectivité dune
lecture.
La tension nest pas absente
dun autre travail sur le texte : celui du philologue, de
léditeur critique, de lannotateur. Lintention,
là encore, est de perfection : restituer le texte tel
que lauteur la conçu, aider à le comprendre
en fournissant les éléments de contexte permettant,
den saisir lépaisseur. Le maître duvre
de lédition critique espagnole du Quichotte exprime
avec radicalité cette posture du philologue : il sagit,
dit-il, de " donner au public ce quil lui faut, pas
ce quil désire ".
Derrière ces attitudes,
une utopie, un espoir : il y aurait un texte, une lecture, une
traduction ; or, il y a du flou, des hésitations, des
pluralités de sens, des virtualités dans une uvre.
Peut-être dailleurs cette richesse-là est-elle
ce que lon peut nommer " perfection ". Peut-être
alors la vérité de la traduction et de lédition
critique réside-t-elle précisément dans
" le soin " et " lhabileté ".
Dans un travail. Dans une volonté de vérité. |