beach jet express, Airborne express, Kiwi, Federal express… Quantité, diversité : deux catégories à l’instant suffisantes pour penser l’Amérique.
… Le petit avion s’est extrait de la neige. Il surfe à présent sur la mousse. Heureux comme un moustique, il fait du ski céleste. Son élégant moteur marine tourne rond sur un azur clair.

Le chercheur d’or
Dernière escale. Boston Logan. Sept heures. Table rouge, siège rouge. Cookie low fat et jus de pomme 100 %. La gorge et la peau du visage asséchées par l’air conditionné et le tabac. Je passe ainsi ma vie dans les aéroports.
Fatigue de l’immobilité contrainte sur quoi s’appuient tous les départs. Le regard posé sur le temps plutôt que sur l’espace. Sortir fumer là où d’autres arrivent. Qu’est-ce que la lassitude d’un homme dont le cœur est en jachère ? Il reste en lui du chercheur d’or… Que découvrir en s’en allant ? Si l’Amérique ouvre le monde en grand, elle n’offre rien pour le remplir, hormis des boîtes rouges de coca et des cartouches de cigarettes. De toute chose, elle accuse le vide, contraint à s’y jeter, exaspère le désir, et laisse le cœur en manque. Embarquement immédiat : ce pays, après tout, est une piste d’envol. Il ne donne qu’un signal : celui de s’en aller.





Page Précédente

Retour au Sommaire