|
 |
Bien sûr, il y a le prix
Nobel, les traductions qui se multiplient, les thèses
ou les études qui peuvent nous aider à le lire
ou à le relire. Mais Dieu merci, Claude Simon est bien
vivant, et son uvre na pas fini de porter ses fruits.
Des écrivains qui ont tiré pour eux-mêmes
les leçons de son parcours viennent aujourdhui à
Lagrasse nous faire partager leur lecture. Jean-Paul Goux, François
Bon et Jean Rouaud ont découvert Claude Simon à
un moment crucial de leur parcours. Comme Dominique Viart, qui
les accompagne et qui a montré dans une belle étude
la cohérence de toute luvre à partir
dun examen de La Route des Flandres, ils savent
que la démarche critique, lorsquelle est humble
et attentive, peut contribuer à prendre la juste mesure
dune écriture vraiment novatrice qui ne se laisse
épuiser par aucun commentaire.
Alors que le Nouveau Roman, auquel
on rattache dordinaire Claude Simon, a souvent été
accusé de formalisme, ils nous montreront en lui un écrivain
dont la vocation maintes fois réaffirmée dartisan
du langage est tout entière au service dune interrogation
anxieuse portant sur la mémoire, sur le rapport entre
lHistoire et le sujet singulier sans cesse remis en question,
enfin sur la possibilité pour la fiction de faire entendre
aujourdhui la prose du monde. Cest pour navoir
rien caché de ses hésitations, de ses tâtonnements,
de ce que les peintres classiques appelaient leurs " repentirs
", que Claude Simon est devenu pour nous un classique, et
un maître quil importe, non de vénérer,
mais dinterroger avec ardeur. |