Numéro 38



à l'affiche :
Claude Simon, hommage
Un écrivain dans le siècle
Claude Simon est photographe
...de l'oeuvre de Claude Simon
Atelier d'écriture
La caméra aux champs :
René Char (1907-1988)
Roger and me

Robert Bresson, Pickpocket
Rebondir :
Héliot
" C'est vraiment ce que Cervantès dit, votre traduction " ou le métier de traduire
Juan José Saer et les leçons de Cervantès
 

Photo d'identité :
1/125 eme de seconde
L'auberge espagnole :
Le mensonge sauve le mensonge
Un été des étals :
Le cabillaud
Garrigue :
Les gorges de l'Orbieu
Inédits :
La Monette:
Pratique :
Renseignements pratiques


 

Bien sûr, il y a le prix Nobel, les traductions qui se multiplient, les thèses ou les études qui peuvent nous aider à le lire ou à le relire. Mais Dieu merci, Claude Simon est bien vivant, et son œuvre n’a pas fini de porter ses fruits. Des écrivains qui ont tiré pour eux-mêmes les leçons de son parcours viennent aujourd’hui à Lagrasse nous faire partager leur lecture. Jean-Paul Goux, François Bon et Jean Rouaud ont découvert Claude Simon à un moment crucial de leur parcours. Comme Dominique Viart, qui les accompagne et qui a montré dans une belle étude la cohérence de toute l’œuvre à partir d’un examen de La Route des Flandres, ils savent que la démarche critique, lorsqu’elle est humble et attentive, peut contribuer à prendre la juste mesure d’une écriture vraiment novatrice qui ne se laisse épuiser par aucun commentaire.
Alors que le Nouveau Roman, auquel on rattache d’ordinaire Claude Simon, a souvent été accusé de formalisme, ils nous montreront en lui un écrivain dont la vocation maintes fois réaffirmée d’artisan du langage est tout entière au service d’une interrogation anxieuse portant sur la mémoire, sur le rapport entre l’Histoire et le sujet singulier sans cesse remis en question, enfin sur la possibilité pour la fiction de faire entendre aujourd’hui la prose du monde. C’est pour n’avoir rien caché de ses hésitations, de ses tâtonnements, de ce que les peintres classiques appelaient leurs " repentirs ", que Claude Simon est devenu pour nous un classique, et un maître qu’il importe, non de vénérer, mais d’interroger avec ardeur.

Retour au Sommaire