rencontre



22 h

Vérité et preuves
L’affaire Bompressi, Pietrostefani et Sofri

 

12 décembre 1969
attentat à la bombe contre la Banque de l’Agriculture à Milan (16 morts).
Les autorités désignent les anarchistes comme coupables. Beaucoup plus tard on pourra démontrer qu’il s’agit d’un attentat néofasciste.
15 décembre 1969
le cheminot anarchiste Pinelli meurt
en « tombant » d’une fenêtre de la Préfecture de police de Milan. Lotta continua estime qu’il s’agit d’un meurtre, et commence une campagne de presse désignant le commissaire Calabresi comme coupable.
17 mai 1972
le commissaire Calabresi est exécuté.
Juillet 1988 : déclarations de Marino devant les carabiniers. Il prétend avoir participé à l’assassinat de Calabresi
et accuse trois de ses anciens camarades de Lotta continua (Bompressi, Pietrostefani, Sofri).
21 juillet-16 septembre 1988 instruction du procès.
10 janvier 1990
premier procès qui déclare les accusés coupables. Il sera suivi de six autres.
24 janvier 1997
Bompressi, Pietrostefani, Sofri, condamnés à vingt-deux ans de prison au terme du septième procès, sont incarcérés à Pise.
Depuis le 24 janvier 1997, Ovidio Bompressi, Giorgio Pietrostefani et Adriano Sofri, trois anciens militants de Lotta Continua, groupe contestataire des années 68, sont en prison. Au terme d’un parcours judiciaire qui a duré neuf ans et vu se succéder sept procès, ils ont été condamnés à vingt-deux ans d’emprisonnement, le premier en tant qu’exécutant, les deux autres comme mandants de l’assassinat du commissaire de police Luigi Calabresi, advenu vingt-cinq ans plus tôt, le 17 mai 1972.
Ce jour-là, des inconnus abattent Luigi Calabresi, au moment où il sort de chez lui. Depuis plus d’un an, le commissaire était l’objet d’une violente campagne de presse menée en particulier par le journal Lotta Continua. Calabresi y était présenté comme le principal responsable de la mort mystérieuse de l’anarchiste Giuseppe Pinelli, dont le corps sans vie fut trouvé la nuit du 15 décembre 1969 dans le jardin de la Préfecture de police de Milan où il avait été convoqué pour un interrogatoire lié à l’enquête sur le massacre de la Banque de l’Agriculture – une bombe avait fait seize morts – advenu quelques jours plus tôt. On apprendra plus tard que cette bombe « ouvrait » ce que l’on a nommé « la stratégie de la tension » visant à mettre en place en Italie un gouvernement « fort », à l’exemple de la Grèce des colonels ; elle avait été placée par des militants néo-fascistes avec l’aide de personnes faisant partie des services secrets italiens et l’accord tacite des services secrets américains. Il est à noter que pour le moment, bien que le détail de ce complot ait été mis à jour, personne n’a été condamné pour cet attentat.
En juillet 1988, seize ans après l’exécution du commissaire Calabresi, Leonardo Marino, un ancien ouvrier de chez Fiat qui avait milité à Lotta Continua, s’accuse du meurtre et met en cause Bompressi, Sofri et Pietrostefani : le premier aurait été le tueur, les deux autres les mandants. L’auto-accusation de Marino – et, partant, ses accusations contre ses trois ex-camarades – paraissait, en elle-même, avoir du poids ;

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