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Au siècle
de limage et du désir dévorant dêtre
regardés, en tout cas admirés, on devrait être
reconnaissants à une revue comme Leggere pour les
six pages consacrées à Anna Maria Ortese 1. Je
veux dire : Anna Maria Ortese devrait être reconnaissante.
Mais lest-elle vraiment ? Je dis " Anna Maria Ortese
" comme si ce nom ne me concernait pas, comme si jétais
un simple lecteur de la revue. Et en réalité, je
ne me reconnais pas dans la douce figure ici représentée,
partagée entre de tristes soucis familiaux, des louanges
répétées envers la petite ville 2 où
elle vit (ce qui me rappelle un célèbre personnage
de Jane Austen) et langoisse de pièges anciens,
sans parler de labsurde aveu de tout un lot de craintes
(dans une ville de gens extrêmement bons !). Je ne me reconnais
pas non plus, sinon de façon infime, dans le très
beau titre de ce portrait : " Amie du vivant ". Non,
le rédacteur se trompe. Je ne suis |