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Le réalisateur
Jean-Louis Comolli sera cet après-midi à 16 heures
linvité
des rencontres de labbaye.
Depuis près de dix ans, il filme, dans la région
de Marseille, la montée du
Front National, la vérité dune ville qui,
peu à peu, se livre à la peste.
Six films documentaires, dont nous verrons aujourdhui le
premier.
Six films sur lesquels il revient ici,
en posant la question de son regard,
et des enjeux de son travail. Faut-il, pour le combattre, filmer
son
ennemi ? Comment, et à quels risques ? |
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A 15 heures et à 18 heures, le cycle vidéo documentaire
présentera,
à la salle des gardes de labbaye,
La question des alliances, le dernier film de la série
sur Marseille et les Bouches du Rhône, tourné par
Jean-Louis Comolli et Michel Samson pendant les législatives
de 1997. |
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Tout se passe
comme si le FN faisait de moins en moins peur. Et que cette peur
fasse de moins en moins mal. « Plus de peur que de mal
», cest ce quon dit à lenfant
meurtri pour le consoler. Je suis de ceux auxquels fait mal,
de plus en plus, cette peur qui se familiarise, sinsinue,
se faufile et doucement gagne lintérieur des corps
et des âmes. Je pense à Leonardo Sciascia, je pense
à Dashiell Hammett quand je sens à Orange, à
Toulon, à Marignane, à Vitrolles, la peur gagner
sourdement les consciences et guider secrètement les conduites,
opérant sans éclat, sans débat, par le terrorisme
quotidien des pressions, délations, menaces, intimidations,
diffamations, injures intimes, attaques ad-hominem, calomnies,
rumeurs... Menues ignominies organisées et acceptées.
Exténuation de la dimension politique par mépris
affiché. Lhomme réduit à lintérêt
le plus étroit. La délation encouragée.
La soumission vantée comme modèle.
Sil y
a (je le crois) un usage politique du cinéma et spécialement
du cinéma documentaire, sil est vrai (je le crois)
quavec le cinéma, art du corps, du groupe et du
mouvement, il devient enfin possible de traiter la scène
politique selon une esthétique réaliste, la ramenant
de la sphère du spectacle sur la terre des hommes, comment
les choix décriture ne diraient-ils pas quelque
chose des enjeux de la période ? Et le dispositif filmique,
du sens que prend ou retrouve cette scène politique rematérialisée
et réincarnée ? « Filmer politiquement »
(le slogan ne date que dhier) ce serait déjà
se servir du cinéma pour comprendre le moment politique
où lon filme.
Marie-Hélène
et Bénedicte.
En 1988, donc,
Tous pour un! Ce film sur les militants du RPR et du PS
les seuls en campagne, alors, pour leur candidat
rencontre ceux que je navais pas prévu de filmer,
les militants du FN.
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