dans ce massif forestier en phase de reconstitution en ne tenant pas compte des voies secondaires que vous croisez sur la droite. Un virage en épingle à cheveux précède votre arrivée aux ruines du Ballent. Continuez tout droit, longez un champ avant de filer vers la gauche. De jeunes plantations de sapins de Nordmann au feuillage bleuté bordent votre chemin. Plus loin, ce sont des peuplements plus âgés de douglas et de pins qui vous escortent. On remarquera quelques cèdres de bonne taille juste avant de déboucher dans une clairière où se trouvent les ruines de Matto de Naout. Toutes ces bâtisses correspondent à des habitations du temps où des troupeaux parcouraient ces grands espaces constitués alors de landes aux herbes jaunes ondulant au rythme du vent. Rattrapez à cet endroit la piste principale sillonnant le plateau de Lacamp et la forêt domaniale gérée par l’Office national des forêts.

L’Office national des forêts
L’Office national des forêts, c’est tout d’abord 13 000 personnes qui ont choisi la nature pour métier. Succédant en 1966 à l’ancienne Administration des Eaux et Forêts, riche d’une histoire de plus de 700 ans, l’ONF gère pour le compte de l’État (forêts domaniales) et des collectivités publiques (forêts communales principalement) plus de 12 millions d’hectares de forêts et d’espaces naturels en métropole et dans les départements d’Outre-Mer. Sous tutelle de l’État (ministère de l’Agriculture et ministère de l’Environnement), trois grandes missions confèrent à l’établissement ses titres de noblesse : la protection de l’environnement, la production de bois dans le cadre d’une gestion durable et l’accueil du public.
Sans occulter le rôle économique et social de la forêt et tout en ayant le souci de satisfaire aux exigences écologiques et paysagères, les forestiers de l’ONF s’attachent au quotidien à cultiver et à protéger ce patrimoine exceptionnel pour transmettre cet héritage préservé et amélioré aux générations futures.

Montez par cette piste avec toujours de chaque côté des plantations résineuses. Si les conifères sont majoritaires dans cette forêt domaniale qui a trouvé son origine dans la loi du 28 juillet 1860 sur la restauration des terrains en montagne, de nombreux feuillus se trouvent néanmoins à l’état de peuplement ou disséminés en fonction des conditions stationnelles. Outre le chêne vert, le chêne pubescent et le hêtre, l’amateur averti pourra identifier sur l’ensemble du massif forestier le merisier, le frêne commun, l’érable


de Montpellier, l’érable champêtre et le sycomore, l’alisier blanc ainsi que l’alisier torminal, l’orme, le tilleul, le sorbier domestique et le sorbier des oiseleurs, le noisetier, le bouleau, l’aulne, etc. Ne tenez pas compte d’un chemin à gauche barré par une barrière verte et poursuivez votre itinéraire. Arrivé à un carrefour, virez complètement à droite avant de prendre, trois cents mètres plus loin sur la gauche, le chemin d’accès à la tour de guet. Il s’agit d’une vigie qui permet de prévenir les feux de forêt durant l’été. Dépassez ce poste d’observation et prolongez votre marche jusqu’à la bordure du plateau (attention, danger, ne pas s’approcher trop près du bord !).
Depuis ce belvédère naturel, le paysage défile d’est en ouest dans un enchevêtrement de pics, de gorges, de montagnes et de vallées. De gauche à droite, distinguez notamment les gorges de Termes et les ruines du château sur son piton rocheux, les gorges de l’Orbieu, le village de Lairière face à vous en contrebas, la majestueuse chaîne des Pyrénées qui couvre l’horizon et le milobre de Bouisse tout proche à main droite. En longeant la falaise à droite, dévalez la prairie jusqu’à la route forestière et retrouvez votre véhicule.

— Patrick Valette, technicien forestier de l’Office National des Forêts

Pour plus ample information, consultez les ouvrages de Ptarick Valette : Promenons-nous dans la forêt autour de Lagrasse, éditions ONF, 1997 ; Les Plus Belles Balades dans l’Aude, Les Créations du Pélican, 1994 ; Lagrasse, au cœur des Corbières, éditions ONF, 1996 (circuits VTT).

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