révélateur


La vigne échantillon

Roland Oulès habite Lagrasse depuis plus de quarante ans.
Il a épousé Catherine en 1972. Elle est professeur d’œnologie à Carcassonne,
et responsable, à titre bénévole, de la bibliothèque municipale du village.
Depuis ce printemps, Roland a installé chez lui un atelier de création
graphique et de travaux d’architecture sur ordinateur.

 

 

La photographie dit-elle la vérité ?
Ce qu’elle masque n’est-il pas souvent plus important que ce qu’elle révèle ?
À partir de ces questions, familières aux photographes et aux gens d’images, nous avons proposé aux habitants
de Lagrasse un exercice de style.
Chaque jour, nous photographions une famille, dans le cadre qu’elle a choisi. Une façon pour elle de décider de l’image qu’elle souhaite donner d’elle-même aux lecteurs de Corbières matin.
Puis nous les confrontons au résultat,
à cette vérité qui ressemble plus ou moins à ce que l’on s’imaginait.
Aujourd’hui, la famille Oulès.


Roland : Juste à gauche de la photo, il y a le point de captage du béal, le canal qui alimente en eau de l’Orbieu les jardins, qui se succèdent de cette vigne jusqu’au village. À droite, sur la terrasse, il y a une oliveraie, ce sont des repousses d’arbres qui ont gelé en 1956. Quand mon père et mon grand père sont arrivés de Tunisie, en 57, c’est le premier bout de terre qu’ils ont acheté. Ils ont coupé tous les arbres au pied, et c’est reparti. C’est un coin très symbolique pour notre famille. Moi, j’avais des attaches très fortes avec mon grand père et enfant, j’allais souvent l’aider dans cette vigne. On y va souvent tous ensemble, et chaque fois qu’un copain vient, on pique-nique là-bas.
Catherine : C’est une vigne qui, bon an mal an, fait deux hectos de vin. Mais l’an dernier, elle a été dévastée par les inondations, et cette année, elle a été gelée au printemps, puis complètement grêlée en juillet !
Roland : Là, cette année, elle fera rien du tout.
Catherine : Chaque année, c’est moi qui taille. Je m’entraîne sur ma vigne avant d’enseigner… Non, en fait, j’enseigne l’œnologie. Ce qu’on aimerait, c’est replanter, et puis faire deux barriques de vin par an, pour nous.

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