Numéro 44



à l'affiche :
Le vigneron, le cuisinier et le curieux
Pierre Carles, à la première personne du subversif
A propos de Ernesto Prim
La caméra aux champs :
Georges Simenon (1903-1989)
La mort d'Empédocle

Chronique bleue :
De quelques convives du banquet...
Inédits :
Lettre héle-néant
 

Rebondir :
Vas-y Pôlos ?
" Travail et paresse de la vérité "
Héliot
Les leçons de la rivière
Mai mai
L'auberge espagnole :
L'Espagne et le donquichottisme Un été des étals :
La girolle
Garrigue :
L'ermitage de Saint-Victor
Pratique :
Renseignements pratiques


  Dire le vin est un exercice difficile. Il faut à la fois transmettre une émotion, des sensations olfactives et gustatives, et raconter des histoires de terroirs, de climats, de cépages, de savoirs et de labeurs humains.
Il revient à notre époque d’avoir étendu et systématisé toutes les paroles autour de l’expérience singulière de sa dégustation. On analyse chimiquement la balance d’un vin, on conte poétiquement ses vertus (il a un goût de sous-bois après l’orage), on appelle à la rescousse l’argot (ce nectar a de la fesse, il dit son chapelet, il réveille un mort) on le chante en musique (il a une attaque, un final, va crescendo). Toutes les métaphores sont requises pour tenter d’exprimer de complexes émotions entre souvenirs et plaisirs. Et
une considérable activité éditoriale en résulte. Dictionnaires, encyclopédies, guides, revues mais aussi romans et poèmes se multiplient.
Mais, comme le souligne Michel Serres, combler l’abîme entre « langue goûteuse » et « langue parlante » n’est pas chose aisée.

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