Une dizaine de mètres plus loin, prenez sur la droite à la fourche (à gauche, arrivée de l’itinéraire de retour). Grimpez à travers une végétation de type garrigue où genévriers, chênes kermès et buis occupent massivement le terrain. Slalomez dans un petit bosquet de pins d’Alep avant de redescendre dans un thalweg. Au croisement de sentiers, continuez tout droit pour remonter dans cette combe et frôlez les ruines d’une ancienne bergerie. Au printemps, quelques genêts d’Espagne se parent de leurs fleurs jaunes au parfum enivrant tandis que les touffes d’aphyllante de Montpellier illuminent la garrigue de leur bleu azur. à la belle saison, les couleurs sont plus tranchées : les rochers blancs émergent de la parure verte de la végétation et s’élancent vers un ciel bleu éclatant. Passez plus loin sous une ligne électrique avant d’attaquer une dernière montée plus ardue. Profitez d’un arrêt salutaire pour vous retourner et embrasser du regard le fabuleux paysage des Corbières. Un dernier effort jusqu’à une barre rocheuse qui vous conduit vers l’objectif de votre virée. Attention, les jours de grand vent, vous aurez du mal à vous tenir debout sur cette aire particulièrement exposée.
Corbières, pays du vent incontestablement.
Si les reliefs calcaires et les garrigues ensoleillées suffisent souvent à désigner en général les paysages du pourtour méditerranéen, le vent reste un élément typique de la région. Dans nos Corbières, deux régimes venteux se partagent les trois quarts des jours de l’année : le Cers et le Marin. Le Cers, de secteur ouest à nord-ouest, est le plus violent et le plus fréquent, avec une moyenne de 200 jours par an. Plutôt sec et froid, c’est lui qui sculpte la végétation rabougrie sur les flancs et les sommets exposés à sa fougue, et lors de vos excursions ascensionnelles, vous ne manquerez de vous affronter à sa violence. Toutefois, il apporte souvent le beau temps en nettoyant le ciel. Le Marin, vent humide et chaud venant de la Méditerranée (secteur est à sud-est), souffle de temps en temps avec moins de vigueur, mais il voile le ciel des Corbières et amène souvent la pluie. Il donne parfois cette atmosphère poisseuse et moite particulièrement désagréable.
Juste avant d’atteindre la plate-forme sommitale du mont Saint-Victor, une première table d’orientation en céramique, à droite, vous permet de vous repérer vers le nord-ouest. Passez au pied de la tour de guet (qui sert à la surveillance contre les feux) pour vous rendre à la deuxième table

d’orientation dirigée vers le sud-est. Le panorama est alors grandiose avec une vue plongeante sur le littoral, la mer, les étangs, les contreforts et autres reliefs des Corbières. La petite chapelle ruinée, dédiée à saint Victor, abrite maintenant l’équipement électrique du relais de télévision… L’état actuel de ses vestiges préromans laisse perplexe ; on peut cependant admirer encore les voûtes. On emprunte l’itinéraire de retour sur la droite, juste après l’ermitage. Descendez par des escaliers raides sur un sentier quelque peu dérapant au début. Assurez bien vos pas sur les passages rocailleux ou pierreux tout au long de ce sentier qui borde le versant rocheux de la Cadorque. Fiez-vous au balisage à quelques endroits délicats. À mi-pente, avancez plus facilement sur un replat, passez sous la ligne électrique et déviez sur la gauche. Zigzaguez entre

des mattes de buis et de genévriers avant d’apercevoir le village de Fontjoncouse, ancien site fortifié, fièrement perché sur la colline d’en face. La dernière partie du parcours est une descente qui vous entraîne rapidement au point de départ.

— Patrick Valette, technicien forestier de l’Office national des forêts

Pour plus ample information, consultez les ouvrages de Patrick Valette : Promenons-nous dans la forêt autour de Lagrasse, éditions ONF, 1997 ; Les Plus Belles Balades dans l’Aude, Les Créations du Pélican, 1994 ; Lagrasse, au cœur des Corbières, éditions ONF, 1996 (circuits VTT).

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