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« Les
hommes de la 13e escouade, après sêtre débarrassés
de tout leur fourbi, se mirent à écrire, lire,
coudre ; certains se couchèrent et sommeillaient déjà
lorsque tout à coup quelques obus éclatèrent
dans notre voisinage ; on ny prêta pas grande attention
et quelquun dit : « Voilà la distribution
des dragées qui commence. » (
) Jattendais
la prochaine décharge. Elle arriva comme la foudre, les
obus sécrasèrent à trente mètres
de nous, des morceaux de pierre, de fer, de la terre passèrent
en sifflant au-dessus de nos têtes, de grosses volutes
de fumée noire obscurcirent la lumière du soleil.
Pas de doute, cétait bien à nous quon
en voulait. (
) Linstituteur de Pépieux était
à lautre bout de lescouade. En trois bonds,
je suis sur lui. Tort était encore là, ladjurant
une dernière fois de nous suivre. Lorsque japparus,
Tort senfuit. Mondiès, accroupi, écrivait
tranquillement une lettre, aussi calme que sil avait été
à son bureau à Pépieux devant sa classe.
Cela lui semblait indifférent quune batterie de
gros calibre soit braquée vers lui. (
)
La canonnade
habituelle se ralluma sur les crêtes. Les ravins, les bois,
sessaimèrent de petits nuages noirs, gris, verdâtres,
blancs qui se mêlaient ensuite en montant dans les airs,
faisaient un brouillard de plus en plus opaque, formant un halo
autour du soleil (
) Mais on se blase de tout et il y en
a qui dormaient, ronflaient, rêvaient au son de cette musique
infernale ; il fallait que des obus viennent sabattre bien
près pour nous émouvoir (
) Cependant nous
étions fort inquiets de ce quil était advenu
de nos deux camarades Laffont et Mondiès (
)
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Toutes les illustrations sont
extraites des carnets originaux de Louis Barthas. |