Numéro 45



à l'affiche :
" Toi qui écris la vie que nous menons..."
La voix des sans-voix
Le spectre de Compagnie
Les difficiles dits du vin
Le désir du savoir
La caméra aux champs :
Malaparte (1898-1957)
Un marchand, des artistes et des collectionneurs
Jean Eustache: l'art de soi

Inédits :
Le poète architecte
 

Rebondir :
Une ambition fin-de-siècle
" Vous êtes mes témoins "
Héliot
Que le spectacle continue !
Photo d'identité :
Un bateau au mouillage
L'auberge espagnole :
L'oiseau des chimères
Un été des étals :
Le calmar
Garrigue :
Le Pech Rigaud
Pratique :
Renseignements pratiques


 
en cuverture : Louis Barthas
Les humbles n’auraient pas de voix, ils n’auraient pas laissé de traces suffisantes dans les archives pour qu’on puisse leur attribuer une parole ; on a écrit qu’on ne pouvait en parler qu’au moyen des outils de la statistique et de la démographie ; surtout, beaucoup pensent que, quoi qu’il en soit, cette voix ne saurait avoir d’intérêt, que les humbles ne sauraient être des sujets de l’histoire.
Et pourtant ! De Menocchio, le meunier frioulan du xvi e siècle brûlé par l’Inquisition, dont Carlo Ginzburg a reconstitué la vie et l’univers mental, à Louis Barthas, le tonnelier du Minervois, caporal au 80 e d’infanterie, qui passa toute la guerre de 14-18 au front, les voix des humbles résonnent.
Écoutons ces voix exceptionnelles et normales à la fois : ces gens-là parlent pour les autres, ils disent « les obus, les gaz, les poux, le froid et la pluie », ils témoignent des espoirs et des échecs, des rêves et des combats de ceux qui furent à leurs côtés.

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