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Gil Jouanard
Le poète
Étrange cas de figure et curieuse destinée littéraire que ceux de Francis Ponge.
« Poète malgré lui », puisquil se refusa à assumer ce « titre », il laurait sûrement été sans réticence au XVI e ou au XVIIe siècle, à lépoque de Malherbe comme à celle de La Fontaine.
La « mission », de nature prophétique, assignée au poète par les Romantiques, confortée par cette espèce de diktat surréaliste qui y ajoutait un impératif de délire à vocation pararévolutionnaire, soutenu par la prothèse du pseudo « rêve éveillé » et par le recours aux formes les plus oiseuses de laléatoire, interdisait à sa lucidité de Languedocien protestant de se laisser embrigader dans cette bien fumeuse corporation, tout juste faite pour combler lego des cabotins extravertis jusquà lexhibitionnisme.
Nulle mise en scène de soi ou de son uvre pardon : de son travail nétait digne de respect pour ce calviniste cévenol, exclusivement attaché à la célébration ou plutôt à la prise à partie et à la mise en lumière de la langue.
Quoique parfaitement matérialiste et athée, cest bien au respect interrogatif de la Lettre quil consacre son activité décrivain, exactement comme laurait fait un exégète de la Bible ou un prédicateur commentant au désert les versets des Évangiles.
Nul ne sen est autant que lui tenu aux
architecte
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