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Mais cette
démarche exigeante nest pas simple. Elle se heurte
par exemple ici en Corbières à une « sale
histoire » qui traîne, celle de temps passés
il y a plus de cent ans, où le vin était souvent
une production industrielle faite, en grande partie, pour des
ouvriers dindustrie qui construisaient les chemins de fer.
Et bien souvent encore, quand on évoque la tradition,
les images fallacieuses de vieux cellier éclairé
à la bougie, avec un moine rebondi derrière une
ronde barrique resurgissent. Aujourdhui, le vin a changé,
les vignerons ont changé, les goûts des consommateurs
ont changé et il est impossible de tenir le même
discours.
Si le vin est
produit, il est aussi bu et vendu. Vincent Pousson dit que «
commence alors la part de mensonge, cest-à-dire
le commerce, ce qui sépare un Corbières à
25 francs dun Chateau-Lafitte à 2000 ». Mais
il a très peu développé cette forte affirmation,
se contentant de conseiller, de se laisser guider par son plaisir.
Il a rappelé que lart de la dégustation est
bien faillible, nous incitant à tenter une simple expérience
: goûter les yeux bandés des verres de vin blanc
et rouge et essayer de les reconnaître. Le résultat
enseignera à beaucoup lhumilité. Mais si
boire un vin cest rencontrer un homme, il est des informations
vraies qui sont nécessaires. Les étiquettes ne
sont pas forcément créatrices de nouveaux mensonges.
Si, comme il le dit, le vin ça sapprend, alors le
dire du vin peut être autre chose quune perpétuelle
oscillation entre quelques vagues notions scientifiques, une
poésie désuète (ce vin a lodeur dun
sous bois recouvert de rosée lors dun matin clair),
de robustes paillardises de comptoirs (il a de la fesse et ouvre
les cuisses), ou la simpliste exaltation dun principe de
plaisir unique et tout puissant.
Alain Raybaud. |