lecture



16 h

Une lecture
en vérité

 

À partir de 16 heures, dans le petit
cloître de l’abbaye,
Anne Alvaro, Marc Betton, Nathalie Kousnetzoff, Laurent Manzoni et
Philippe Morier-Genoud, les comédiens qui, depuis dix jours, ont prêté leur
voix et donné vie aux textes,
nous proposeront un dernier choix
de lectures en vérité.

 

 

Le florilège que les acteurs proposent chaque année en clôture du Banquet, s’il réunit des textes en rapport avec le thème de celui-ci, représente d’abord le choix des comédiens et le moment où s’exprime leur plus grande liberté de lecteurs. Anne Alvaro, Marc Betton, Nathalie Kousnetzoff, Laurent Manzoni et Philippe Morier-Genoud liront des extraits d’œuvres françaises, italiennes et espagnoles où la vérité – du moins sa recherche – se présente en divers lieux réels ou symboliques : vérité de soi-même, vérité collective, vérité d’un sentiment poétique du monde, vérité d’un paysage ou de l’histoire… Toutes menacées, rendues crédibles par les seuls prestiges de la langue, et qui deviennent vérité d’une mise en voix. Mais que peut signifier cette expression ? Qu’appelle-t-on vérité d’une lecture, sinon son intensité, son inflexion, la façon dont elle pénètre l’auditeur pour déjouer ses défenses et emporter son accord ? Alors, vérité ou séduction ? Vérité au prix de la séduction ? Toutes questions qui rendent la lecture orale de textes non théâtraux passionnante et l’inscrivent de plein droit au nombre des moments attendus de ce quatrième Banquet, à l’enseigne de la véracité plus encore que de la vérité. La véracité, ce qu’on voudrait pouvoir nommer encore l’« authenticité », si l’usage de ce mot n’était devenu à ce point détestable, nous semble convenir particulièrement à la démarche de nos amis comédiens.
Anne Alvaro mettra en voix des textes de Garcia Lorca et d’Anna Maria Ortese, Marc Betton Les Carnets de guerre de Louis Barthas, tonnelier, Nathalie Kousnetzoff un texte de Nathalie Sarraute et une lettre de Rilke proposée par Jean-Yves Masson, Laurent Manzoni Un gâchis d’Emmanuel Darley et Philippe Morier-Genoud les textes poétiques italiens dont il est question dans ce numéro.

— Bernard Simeone

Retour au Sommaire