Torquato Accetto, probablement né à Trani, dans les Pouilles, vers 1590, fut, au début du XVIIe siècle, secrétaire des ducs d’Andria, Antonio et Fabrizio Carafa : il connut, comme tous ses contemporains, les contraintes de la Contre-Réforme et tenta désespérément d’échapper à sa solitude provinciale. Il effectua divers séjours à Rome et à Naples, où il se lia avec le marquis Giambattista Manso, fondateur de l’Accademia degli Oziosi (l’Académie des Oisifs). En 1621, il publia un recueil de Rime qui, repris en 1626, devint la première partie d’un volume dont la forme définitive ne vit le jour qu’en 1638. Trois ans plus tard parut son maître ouvrage, De l’honnête dissimulation (Della dissimulazione onesta), essai dans lequel la littérature dite « de secrétaires » (celle qu’écrivirent les secrétaires des nobles de l’âge baroque) trouva son expression la plus parfaite et la plus elliptique, dans le prolongement de cette culture du courtisan décrite par Baldassare Castiglione. |