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Luciano Erba, né en 1922 à Milan, prend place dans la « quatrième génération » poétique de ce siècle en Italie, qui succède à celle de Bertolucci, Caproni, Luzi, et Sereni dont il fut l’ami, s’inscrivant comme lui dans une « ligne lombarde » que marquent le goût de la notation faussement anecdotique, la tentation du poème narratif (fût-ce de forme brève), l’ironie, le scepticisme, le ton parfois faussement « mineur », ainsi qu’une grande attention à l’objet et à la topographie. À cette « quatrième génération », il a d’ailleurs lui-même consacré, avec Piero Chiara, une anthologie dès 1954, Quarta generazione (la giovane poesia 1945-1954). Professeur de littérature française à Milan, il a traduit de nombreux poètes des XVIe et XVIIe siècles, mais aussi Michaux, Ponge et Reverdy. Vivant une partie de l’année à Paris, enseignant de façon occasionnelle dans plusieurs universités américaines, il manifeste par ailleurs, depuis le début de son parcours, un grand intérêt pour la littérature suisse francophone, dont témoigne son amitié, de longue date, pour Philippe Jaccottet et Georges Borgeaud. C’est en 1951 qu’a été publié son recueil Linea K (Ligne K), suivi de plaquettes qui s’agrégeront avec ce premier livre pour constituer d’abord le volume Il male minore (Le Moindre Mal) en 1960 puis, vingt ans plus tard, complétées d’autres poèmes, Il nastro di Moebius (Le Ruban de Moebius). Œuvre économe et pudique, insensible à l’urgence aussi bien qu’aux mouvements littéraires, et qui s’élabore comme un journal en vers, interrompu, lacunaire, livre unique en plusieurs volumes. En 1989, il publie L’Hippopotame (L’ippopotamo), à la fois auto-anthologie et recueil de poèmes nouveaux, dont la tonalité se fait souvent plus grave, et plus ample le propos, confinant à la métaphysique. Suivra, en 1995, L’ipotesi circensi (L’Hypothèse du cirque), qui reprend et complète les poèmes de la plaquette Variar del verde (Variations du vert) parue en 1993. Il a publié en 1991 un florilège de traductions, selon le goût italien du « carnet de traductions », illustré avant lui par Ungaretti, Montale et Mario Luzi. Depuis les années 80, de nombreux et importants prix littéraires ont salué son œuvre poétique : le prix Viareggio en 1980, le prix Bagutta en 1988 et enfin, en 1989, le prix Librex-Guggenheim « Eugenio Montale ». |

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Aux éditions Verdier |
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Chez d’autres éditeurs |
Sans clin d’œil, propos recueillis par Bernard Simeone, Cahiers de la Villa Gillet, Circé, Strasbourg, 1994 |

Linea K, Guanda, Modena, 1951 Quarta Generazione, antologia, con la coll. di Piero Chiara, Magenta, Varese, 1954 Il Bel Paese, La Meridiana, Milano, 1955 Ippogrammi & Metaippogrammi di Giovanola, Scheiwiller, Milano, 1958 Il prete di Ratanà, Scheiwiller, Milano, 1959 Il male minore, Mondadori, Milano, 1960 Il prato più verde, Guanda, Milano, 1977 Il nastro di Moebius, Mondadori, Milano, 1980 Françoise, racconti, Il Farfengo, Brescia, 1982 Il cerchio aperto, Scheiwiller, Milano, 1983 Il tranviere metafisico, Scheiwiller, Milano, 1987 L’ippopotamo, Einaudi, Torino, 1989 Dei cristalli naturali, traduzioni di poesie francesi e inglesi, Guarini e Associati, Milano, 1991 Come quando in Crimea, Laghi di Plitvice, Lugano, 1992 Solo segni. Nove poesie, Rotary Club, 1992 (con tre disegni di Enrico Della Torre), Milano, 1992 Variar del verde, Scheiwiller, Milano, 1993 L’ipotesi circense, Garzanti, Milano, 1995 |

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Bibliographie critique en français |
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Philippe Jaccottet, Petit salut à Luciano Erba, préface à L’Hippopotame, Verdier, Lagrasse, 1992 Bernard Simeone, Avec Luciano Erba, en mineur..., Cahiers de la Villa Gillet N°1, Circé, Strasbourg, 1994 |

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Bibliographie critique en langue originale (sélection) |
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Marco Forti, Le proposte della poesia e nuove proposte, Mursia, Milano, 1971 Pier Vincenzo Mengaldo, Luciano Erba in Poeti italiani del Novecento, Mondadori, Milano, 1978 Angelo Jacomuzzi, La poesia di Erba « superfulmina » , Forum Italicum, vol. XIII/I, New York, 1979 Luciano Erba in Dizionario della poesia italiana, a cura di Maurizio Cucchi, Mondadori, Milano, 1983 ; collana « Oscar », Milano, 1990 Stefano Agosti, Consultivo su Erba, in Poesia italiana contemporanea. Saggi e interventi, Bompiani, Milano, 1995 |

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Point de vue de Philippe Jaccottet |
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Crépusculaire, donc, il se pourrait, cette poésie ; mais la lumière est belle qui filtre jusqu’à nous dans ces moments-là, quand les enfants prolongent leurs jeux au pied des immeubles sans grâce ; il y a là, en sourdine, jusqu’à la nuit, quelque chose qui passe, comme le vent dans les herbes fatiguées des talus. Toute poésie vraie tient du mot de passe. Même quand on doute que celui-ci ouvre encore sur quoi que ce soit de réel. Pourvu que la parole trouve sa mesure juste (et qui refuserait cet éloge à celle de Luciano Erba ?) |

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Radio |
France-Culture, Lettres ouvertes : L’Italie à Sète, de Roger Vrigny et Christian Giudicelli, 30 décembre 1992 |

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