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Benny Lévy est né le 28 août 1945 au Caire (Égypte). Élève de
l’École Normale Supérieure d’Ulm de 1965 à 1970, il a été le secrétaire
de Jean-Paul Sartre de septembre 1974 jusqu’à la mort de l’écrivain en
1980. Installé à Jérusalem où il dirigeait l’Institut d’études
lévinasiennes, fondé avec Alain Finkielkraut et Bernard-Henri Lévy, il
est décédé le 15 octobre 2003.
Le site de la Fondation Benny Lévy comporte des écrits inédits, des vidéos, une bibliographie complète et un moteur de recherche documentaire sur l’œuvre publiée.
On peut aussi consulter le site de l’Institut d’études lévinassiennes.
Portrait par Éric Ayoun
Corbières matin, août 1996
« Parler de Benny Lévy, c’est nécessairement en parler à partir
d’une conjoncture. Parce qu’il est essentiellement œuvre d’existence,
on ne le croise qu’à partir d’une autre existence, à partir d’une
rencontre imprévisible, du pur hasard de la conjoncture, celle-là même
qui porte la marque du divin. En ce sens, il est le vrai fils de
l’existentialisme, et en ce sens encore, l’existentialisme n’est pas un
athéisme. Je suis de ceux qui ont croisé par hasard Benny Lévy, alors j’écris.
Pierre Victor, Benny Lévy. Le passage de l’un à l’autre est l’œuvre de
Sartre. Mais ce n’était encore qu’une amorce. L’autre, véritablement,
est l’œuvre de Lévinas. Il aura pourtant fallu que les choses se
réveillent à partir de soi. C’est du sein de la pensée occidentale que
pouvait naître le trouble : l’être est-il structuré par la pensée ?
N’est-il pas possible que les pensées divergent à partir d’un fondement
solide dans l’être ? L’écart entre l’être-structuré et
l’être-fondement, c’est justement le nom juif que Sartre a su lire dans
le blanc du nom de Pierre Victor. C’était sans doute une nouvelle et
plus profonde lecture des Réflexions sur la question juive.
Là est toute la grandeur de Sartre, au dire de Benny lui-même. Revenir
en ce point de divergence, c’est le principe juif de la techouva,
c’est le retour à soi à travers l’expérience existentielle de l’être.
Là est la grande découverte de Benny et peut-être son enseignement. Il
n’y a donc pas de rupture. L’esprit fougueux des années soixante-huit
ne change fondamentalement pas. La fougue devient cette soif
intarissable de la connaissance de l’Arbre de vie. Dans la poussière
qui s’élève sous les pas de la révolution, se trouve déjà en puissance
une volonté d’arracher au monde son horizon eschatologique. Prophétie
dans l’inconscience, rêve d’une éternité heureuse où, comme dirait
Lévinas, l’achèvement du temps n’est pas la mort, mais le triomphe
messianique où le perpétuel se convertit en éternel. Mais cette
inconscience a révélé que l’attente d’un avenir meilleur n’est pas
toute résignation. Elle est pleine de vitalité, parce qu’un avenir sans
racines dans les entrailles du présent, n’est qu’un pur imaginaire.
Revenir en ce point de divergence, c’est comprendre qu’aucune totalité
ne peut contenir les excès de l’exigence humaine. Seul un cadre où la
détermination des lettres dévoile et conditionne une ouverture vers
l’infini – et cela en vertu de l’origine même de ces lettres – pouvait
satisfaire cette surabondance. Ce cadre, cette satisfaction, cette
farouche opposition de Lévinas à la totalité hégélienne, sont toutes
autant de conditions où se détermine l’horizon nouveau de Benny dans sa
conscience juive. Désormais, l’apparent conflit entre le logos et la
lettre se traduira dans les termes d’universel et de singularité
d’Israël. Singularité refusant à l’universel son image de religion
naturelle, qui trahit plutôt un point d’équilibre au milieu d’une
extension sans fin. Merveille de l’harmonie qui n’occupe la moindre
place, où Aristote n’y retrouverait nullement son juste milieu. Là est
le secret du rapport intime entre la Révélation et les sept lois
noahides. Benny, mieux que quiconque, est en mesure d’orienter sur ces
questions si difficiles. Il achève, d’une certaine manière, une voie
encore mal comprise et mal explorée, celle de Rosenzweig. »
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L’œuvre - Moteur de recherche |
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Grâce à cet outil informatique, il est possible de retrouver références et occurrences dans :
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Le Nom de l’homme, 1984
Le Logos et la lettre, 1988
L’Espoir maintenant, 1991, 2007
Visage continu, 1998
Le Meurtre du pasteur, 2002
Être Juif, 2003
La confusion des temps, 2004
La Cérémonie de la naissance, 2005
Le Livre et les livres, 2006
Pouvoir et Liberté, 2007
Lévinas : Dieu et la philosophie, 2009
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Tirages de tête |
L’Espoir maintenant, Les entretiens de 1980. Jean-Paul Sartre et Benny Lévy. Trente exemplaires numérotés de 1 à 30 (et quelques hors commerce) sur vergé Ingres MBM Arches, signés par Benny Lévy. Format 15 cm x 23 cm. 104 pages. En vente chez l’éditeur : 31 € (203,35 F.) Le Nom de l’homme, dialogue avec Sartre Cinquante exemplaires sur Libris (et dix hors commerce). Format 15 cm x 23 cm. 200 pages. En vente chez l’éditeur : 31 € (203,35 F.) |

On a raison de se révolter, sous le pseudonyme de Pierre Victor, avec Jean-Paul Sartre et Philippe Gavi, Gallimard, collection « La France sauvage », 1974. |

La esperanza ahora, las conversaciones de 1980. (L’Espoir maintenant), traduction en espagnol par Isidro Herrera, Arena Libros, Madrid, 2007. Wat blijft is de hoop, de gesprekken van 1980. (L’Espoir maintenant), trad. en néerlandais par Frans de Haan et Ruud Welten, Uitgeverij Klement, Kampen, 2004
A Esperanca Agora, Entrevistas de 1980. (L’Espoir maintenant), trad. en portugais par Maria Luiza X. de A. Borges, Editora Nova Fronteira.
Hope Now, The 1980 interviews. (L’Espoir maintenant), trad. en anglais par Adrian Van den Hoven, introduction by Ronald Aronson, The University of Chicago Press.
Jean-Paul Sartre, Brüderlichkeit und Gewalt, ein Gespräch mit Benny Lévy. (L’Espoir maintenant), trad. en allemand par Grete Osterwald, préface de Lothar Baier, Wagenbach.
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Benny Lévy dirigeait les Cahiers d’études lévinasiennes, organe de l’Institut d’études lévinasiennes, parution annuelle. |

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Radio et télévision |
Écoute Israël, France Culture, 26 octobre 2003 (rediffusion en hommage de B. Lévy sur Le Meurtre du Pasteur) Radio libre, France Culture, 25 octobre 2003 (rediffusion de l’entretien avec Alain Finkielkraut réalisé en 2002) Tout arrive, France Culture, 24 octobre 2003 (hommage) |

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