Je suis né de bonne heure un lundi de novembre 1938. Mon père était architecte, ma mère avait fait de la reliure. Père blessé en juin 1940. Exode avec ma mère dans le Limousin. Retour de tous à Paris. Études très parisiennes, école communale, Lycée Montaigne, Lycée Louis-le-Grand, rue d’Ulm (au moment d’Althusser, juste avant que Lacan ne vienne), agrégation de philosophie, enseignement de la philosophie au Prytanée militaire de La Flèche (comme professeur-soldat), puis au Lycée de Reims de 1964 à 1970, puis à l’Université de Vincennes, au Département de Philosophie (Foucault directeur), à partir de 1970, puis en 1974 au Département de Psychanalyse, où je suis encore pour un an (Université de Paris VIII à Saint-Denis). Intérêt pour le théâtre très tôt, mes parents connaissant « les Barrault » (Jean-Louis, et Madeleine Renaud). Bien connu aussi, vers 1970, Antoine Vitez, par ma sœur Anne Delbée. Mais je ne travaille pour le théâtre que lorsqu’en 1973, Chéreau, par l’entremise de Richard Peduzzi, me demande de traduire Toller de Dorst. Fondation, alors, de la Compagnie Pandora, avec Brigitte Jaques-Wajeman, où nous sommes toujours. Depuis lors, sans cesse travaillé pour le théâtre (traductions, trop nombreuses ; dramaturgie, toujours incertaine ; deux ou trois pièces écrites, d’autres en projet ; en scène parfois, mais rarement ; mise en scène jamais). Co-dirigé, avec Brigitte Jaques-Wajeman, le Théâtre de la Commune (Pandora) d’Aubervilliers de 1991 à 1997. Enseigné la diction au Conservatoire National d’Art dramatique de Paris de 1994 à 2001 (à la suite de Dire le vers, écrit avec Jean-Claude Milner). Travaille aussi avec Emmanuel Demarcy-Mota qui dirige la Comédie de Reims. Ouvrages sur la psychanalyse, ouvrages d’esthétique théâtrale, dans ce double champ qui partage le sujet : l’enseignement de Lacan, l’amour du théâtre. |