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Prix Viareggio, 1963 et 1976
Prix Bagutta, 1973 |
Né à Rieti en décembre 1899, dans une famille originaire de Modène, Sergio Solmi est mort à Milan en octobre 1981. Son enfance et son adolescence se déroulent dans plusieurs villes – Rieti, Mantoue, Livourne – au gré des déplacements de son père, Edmondo, philosophe et spécialiste de Léonard de Vinci. Dès l’âge de dix-huit ans, Sergio Solmi est mobilisé. À Parme, à l’École d’application des élèves officiers d’infanterie, il fait la connaissance du poète Eugenio Montale. De retour du front, il poursuit ses études et achève sa licence de droit à Turin en 1923. Avec Giacomo Debenedetti, il fonde la revue Primo Tempo et collabore au Baretti de Piero Gobetti. Engagé au service juridique de la Banque Commerciale Italienne, il y fera toute sa carrière, qu’il achèvera comme directeur. Son ami Raffaele Mattioli le convainc d’accepter la direction de la revue La Cultura, fondée par Cesare de Lollis. Ses articles se heurtent à la censure fasciste. Marié, il est bientôt père de deux enfants. Il collabore désormais aux journaux les plus prestigieux. En 1930, il publie son premier grand essai, Il pensiero di Alain (La Pensée d’Alain) et, en 1933, son premier recueil poétique : Fine di stagione (Fin de saison). Ses nombreuses et remarquables études consacrées à la littérature française sont réunies en 1942 dans le volume La salute di Montaigne e altri scritti di letteratura francese (La Santé de Montaigne et autres écrits sur la littérature française). Pendant la Seconde Guerre mondiale, sous le nom de Mario Rossetti, il s’engage dans la Résistance, au sein du Parti d’Action qui tente de concilier libéralisme et socialisme. Fait prisonnier en 1944, il parvient à s’échapper de la caserne des Brigades noires de Rovello. De nouveau arrêté en 1945, il est incarcéré à la prison San Vittore de Milan. Après la guerre, il dirige le journal La Rassegna d’Italia fondé par Francesco Flora, tout en publiant poèmes, proses et essais. En 1963 et 1976, il reçoit le prix Viareggio pour Scrittori negli anni (Écrivains au fil des années) et La luna di Laforgue (La Lune de Laforgue). Le très important prix Bagutta lui est décerné en 1973 pour ses Méditations sur le scorpion (Meditazioni sullo scorpione). |

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Aux éditions Verdier |
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Chez d’autres éditeurs |
La Santé de Montaigne, essai, trad. Monique Baccelli, introduction de Letizia Fortini, Allia, Paris, 1992 La Vie et la pensée de Leopardi, essai, trad. Monique Baccelli, Allia, Paris, 1993 Études léopardiennes, essais, trad. Monique Baccelli, Allia, Paris, 1994 |

Sélection limitée aux volumes disponibles, qui constituent souvent des rééditions.
Il pensiero di Alain, saggio, Nistri-Lischi, Pisa La salute di Montaigne e altri scritti di letteratura francese, Ricciardi, Milano, 1952 Dal balcone, poesie, Mondadori, Milano, 1968 Della favola, del viaggio e di altre cose. Saggio sul fantastico, Ricciardi, Milano, 1971 Meditazioni sullo scorpione e altre prose, Adelphi, Milano, 1972 ; 1985 Poesie complete, Adelphi, Milano, 1974 Scrittori negli anni, saggi, Garzanti, Milano, 1976 Quaderno di traduzioni, Einaudi, Torino, 1977 Quadernetto di letture e ricordi, a cura di Lanfranco Caretti, Il Polifilo, Milano, 1979 Opere, vol. 1: Poesie, meditazioni e ricordi, Tomo I: Poesie e versioni poetiche, a cura di Giovanni Pacchiano, Adelphi, Milano, 1983 Opere, vol. 1Poesie, meditazioni e ricordi, Tomo II: Meditazioni e ricordi, a cura di Giovanni Pacchiano, Adelphi, Milano, 1984 Opere, vol. 2: Studi leopardiani, Note su autori classici italiani e stranieri, a cura di Giovanni Pacchiano, Adelphi, Milano, 1987 Opere, vol. 3:La letteratura italiana contemporanea. Tomo I: Scrittori negli anni. Note e recensioni. Ritratti di autori contemporanei, a cura di Giovanni Pacchiano, Adelphi, Milano, 1995 |

| Une évocation de Sergio Solmi par Letizia Fortini
Sergio Solmi était employé de banque et il écrivait des poèmes, disait-on. Non, moi je n’y croyais pas, il n’avait pas une tête de poète. Plus tard, je vis une photographie d’Eliot : lui aussi travaillait dans une banque et écrivait des poèmes, lui non plus ne ressemblait pas à un poète, il ne correspondait pas du tout à l’image que je me faisais alors des poètes. Et pourtant... Sergio, à mieux le regarder, était distrait, plutôt doux, un peu perdu, et il fumait la pipe, mais surtout il n’était pas là, assis dans ce fauteuil de la via Bigli, il n’était vraiment pas là ; de temps à autre, il refaisait surface et disait quelque chose en réponse à un mot qui l’avait rejoint, avec une expression amusée dans les yeux, fugitive, très sympathique, mais n’ayant rien à voir avec ce qui se passait.
Méditations sur le scorpion vu par Solmi lui-même
Sauf illusion de ma part, c’est justement dans leur caractère ambigu, double, oscillant entre la sécheresse de l’aphorisme et la séduction de la couleur, qu’on pourra leur reconnaître une unité. Pareille duplicité tient peut-être à la personnalité profonde de leur auteur, et un graphologue – ou une chiromancienne – y lirait sans doute en filigrane la perplexité, l’hésitation, la division intérieure. Il se peut que cette indécision, cette contradiction, cette bipolarité entre critique et poésie, conduise ces pages à se défaire dans le flou, comme il se peut aussi, pour ces mêmes raisons, qu’un noyau dur persiste. Le lecteur sera juge. |

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