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Brèves

Les éditions Verdier font part du décès de Pierre Silvain, auteur de Julien Letrouvé, colporteur. Son roman Les Couleurs de l’hiver sera publié au mois de mars 2010. Assise devant la mer est paru en septembre 2009.

Les éditions Verdier ont le plaisir de vous annoncer que le Grand Prix du Roman de l’Académie française vient d’être décerné à Pierre Michon pour Les Onze.
   « Avec ce roman, Michon rejoint les donateurs historiques du Louvre, il vient d’offrir un chef d’œuvre au musée. » Adrien Goetz

Les éditions Verdier font part du décès de Gérard BOBILLIER, leur directeur fondateur, le lundi 5 octobre à Carcassonne.
   Gérard Bobillier a affronté le cancer qui l’avait frappé depuis plus d’un an, avec un vouloir vivre et un rare courage, une volonté exceptionnelle d’honorer le vivant à son plus haut point de dignité.

   Né à Besançon le 12 octobre 1945, Gérard Bobillier s’engage au cours des années 1968 dans la cause révolutionnaire avec la détermination et la générosité qui l’ont caractérisé sa vie durant. De la Gauche Prolétarienne, en passant par LIP, Toulouse et les Corbières, où il accompagne en 1976 la lutte des viticulteurs de l’Aude, il a été de tous les combats.
   Dans ce pays des Corbières qu’il aimait particulièrement, tout en se méfiant de l’illusion dangereuse d’un enracinement identitaire, il fonde en 1979 avec Benny Lévy et quelques amis les éditions Verdier, étant convaincu que l’au-delà du « tout politique » passe par une mise en réserve de l’engagement politique et par la longue patience de l’étude des textes fondateurs. L’effort exigeant de la pensée suppose d’œuvrer à la circulation des textes et des idées.
   Les éditions Verdier ont trente ans cette année. Elles sont riches d’un catalogue qui traduit fidèlement le geste inaugural voulu par Gérard Bobillier.
   Au premier plan, s’y inscrivent des collections de textes des grandes spiritualités. Tout particulièrement, la collection des « Dix Paroles », longtemps dirigée par Charles Mopsik, à travers la publication des traductions françaises d’ouvrages fondateurs tels que  Le Guide des Égarés, de Moïse Maïmonide, les Traités du Talmud, ou encore le Zohar, s’efforce de permettre l’étude des grands textes philosophiques et spirituels de la tradition juive.
   La publication de grands textes de la philosophie – qu’il s’agisse Des Premiers Principes de Damascius (dans la traduction de Marie-Claire Galpérine) ou bien De la véracité du philosophe Guy Lardreau, des Essais hérétiques de Jan Patocka, ou bien encore  de Rousseau : une philosophie de l’âme, de Paul Audi – obéissait à sa conviction que l’urgence de ce temps est de créer un espace de tension fertile « entre Athènes et Jérusalem ».
   De même en est-il des autres textes de pensée et de sciences humaines qui figurent au catalogue : citons au fil des pages les livres de Jean-Claude Milner, de l’historien Carlo Ginzburg ou bien d’Henri Meschonnic.
   Enfin, le catalogue Verdier offre à lire des auteurs français ou étrangers parmi les meilleurs de la littérature contemporaine – Gérard Bobillier était convaincu que, dans ce qu’elle a de plus haut, la littérature est la chair de la Pensée. Ainsi a-t-il été l’éditeur de Pierre Michon avec qui il a entretenu un long compagnonnage d’amitié et de pensée, ou encore de Pierre Bergounioux.

   Par ailleurs, à côté des éditions Verdier, Gérard Bobillier a impulsé de façon décisive, comme il savait le faire, la création de la Maison du Banquet et des générations, à Lagrasse, dans ce même pays des Corbières, qui organise notamment depuis 1995 le « Banquet du Livre », au mois d’août. C’est là un lieu rayonnant d’étude et d’échange, autour du livre et de la pensée. Sa vie, Gérard Bobillier l’avait dédiée à cette exigence.

   Gérard Bobillier était en un sens platonicien, en ce qu’il refusait obstinément – et quoi qu’il lui en coûtât – la pénombre de la Caverne et le jeu des apparence trompeuses : il s’est toujours attaché à en sortir pour s’approcher de la lumière des idées. Ce fut là sa grande proximité avec Benny Lévy : cette exigence permanente de l’absolu, conduisant à accepter de se brûler aux « dangers du soleil ». En cela, Gérard Bobillier recherchait sans cesse la beauté du monde (« somptueux » était un qualificatif qu’il affectionnait de pouvoir énoncer) dans tout ce qu’il entrevoyait de trace de l’absolu.
   Chaque jour de sa vie, il savait que l’homme empirique n’est rien – strictement – et que « le nom de l’homme » indique une tâche : ce qui est à faire advenir par chacun de ses actes et paroles. Agnostique, athée de par les nécessités de sa propre histoire, Gérard Bobillier s’est  en cela trouvé en profonde connivence avec la pensée juive.
   Tout au long de son parcours, et jusqu’au bout, il a eu également ceci de juif qu’il manifesta un fort attachement à la vie. Il incarna toujours le vivant – tout en se déprenant de l’être, « car être et n’être plus sont pareille malédiction », pour toujours se risquer à un « autrement qu’être », faisant des lectures les plus hautes de Sartre et Lévinas son programme de vie. Sa générosité extrême à l’égard d’autrui vient de là. Il aura su tirer vers les plus hautes exigences de la Pensée chacun de ses proches qu’il assignait inlassablement à cette tâche. Par cette convocation, ainsi aura-t-il fédéré une communauté de « copains ».


Témoignages et réactions sur le site de La Maison du Banquet et des générations.



Les Onze de Pierre Michon est sélectionné pour le Prix littéraire François-Mauriac de la Région Aquitaine, doté de 8000 €.

Yoko Tawada, dont le dernier livre, Le Voyage à Bordeaux, vient de paraître, sera en résidence à la Maison des écrivains étrangers et des traducteurs de Saint-Nazaire (MEET), en novembre et décembre 2009.

Thomas Jonigk et Bernard Banoun, son traducteur, sont lauréats du Prix Amphi 2008 pour Quarante jours. Ce prix, qui récompense, chaque année, le meilleur roman étranger traduit en français et paru dans le courant de l'année universitaire précédente, leur sera remis par le jury composé d'étudiants et de personnels de l'Université de Lille 3, avec quelque retard, le 3 décembre prochain.

Le lundi 25 mai 2009, Pierre Michon a lu des extraits des Onze à la Maison de l'Amérique latine, à l'occasion de la parution de l'ouvrage Pierre Michon, par Agnès Castiglione. Un enregistrement de cette lecture est disponible sur le site de Culturesfrance.

Sur le site du journal Libération, on peut écouter une lecture des Onze par Pierre Michon, enregistrée dans leur studio, le lundi 15 juin 2009.

On peut voir un extrait de l'émission « D@ns le texte » avec Pierre Michon, diffusée sur le site Arrêt sur images, sur Dailymotion.

Mathieu Riboulet est lauréat du Prix de l'Estuaire 2009 pour L'Amant de morts.

Le Prix Gérard de Nerval de la Société des Gens de Lettres 2009 est décerné à Bernard Banoun pour l'ensemble de son œuvre, à l'occasion de sa dernière traduction, Langue maternelle de Josef Winkler. Ce prix doté de 2500 € lui a été remis à l'Hôtel de Massa, le mardi 16 juin à 19h.

Le troisième Prix Russophonie, qui récompense la meilleure traduction d'un ouvrage littéraire russe vers le français, a été attribué à Hélène Châtelain pour Éloge des voyages insensés, de Vassili Golovanov.
   Créé en 2006 par la Fondation Eltsine et l'Association France-Oural, le Prix Russophonie est doté de 3500 € pour le lauréat et de 1500 € pour son éditeur. Il lui a été remis le samedi 17 janvier à 15h, à Expolangues Paris.
   Pour ce même ouvrage, Hélène Châtelain a reçu le Prix Laure Bataillon 2008, attribué conjointement à l'écrivain étranger et à son traducteur en langue française.

Pierre Bergounioux est lauréat du Prix Roger Caillois 2009. Décerné pour l'ensemble de son œuvre, ce prix lui a été remis à la Maison de l'Amérique latine, le mardi 3 mars, à 19h.

Jean-Jacques Salgon est lauréat du premier Prix Tortoni, récompensant « un livre dont la grande qualité a semblé au jury par trop ignorée des médias », doté de 1 500 €, pour son livre Papa fume la pipe, paru en mai 2008 aux éditions L’Escampette.
   Jean-Jacques Salgon a publié chez nous 07 et autres récits et, récemment, Le Roi des Zoulous.